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L'allemand Günther Oettinger s'inquiète de l'avenir de l'Europe

Pour le commissaire européen à l'économie numérique, l'UE sait surmonter les crises, mais l'augmentation des pays dotés de gouvernements instables ou populistes est inquiétante.

Pour le commissaire européen à l'économie numérique, l'UE sait surmonter les crises, mais l'augmentation des pays dotés de gouvernements instables ou populistes est inquiétante. - Eric Piermont - AFP

La montée du populisme au sein de l'UE inquiète le commissaire européen à l’économie numérique. Ce chrétien-démocrate allemand redoute même une "désagrégation" de l'Union européenne.

Günther Oettinger n’est pas connu pour broyer systématiquement du noir. le commissaire européen à l’économie numérique est même plutôt du genre combatif. Mais cette fin d’année 2015 ne le pousse pas à l'optimisme, bien au contraire. Et il le dit franchement, comme à son habitude.

Dans un entretien au quotidien allemand Bild, Günther Öttinger dit redouter pour la première fois une "désagrégation" de l'Union européenne. Pour lui, ce cataclysme serait en partie causé par la pression des populismes en Europe.

"L'UE a appris à surmonter les crises, mais le nombre de pays dotés de gouvernements instables ou populistes augmente. Cela m'inquiète et je perçois pour la première fois un danger sérieux de désagrégation de l'UE", a-t-il dit.

L'entrée de la Turquie? Ce n'est pas pour demain!

Günther Oettinger, qui est membre du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU), a reconnu que l'élargissement de l'Union européenne aux pays d'Europe de l'Est après la chute du rideau de fer s'était déroulé "très vite" et ne favorisait pas aujourd'hui "la capacité à agir" de l'Europe, alors que les Européens se déchirent sur l'attitude à adopter face aux migrants qui affluent sur le continent.

Le commissaire européen a néanmoins jugé cet élargissement justifié pour des raisons politiques. Pour autant, le commissaire a jugé concernant la Turquie qu'il n'y aurait "pas d'adhésion au cours de cette décennie et peut-être également au cours de la décennie suivante" de ce pays. Ankara est candidat depuis 2005, mais les négociations piétinent en raison de l'opposition de plusieurs pays.

Pascal Samama avec AFP