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L'Allemagne renforce la protection de ses entreprises pour calmer les appétits étrangers

Ce projet "vise à renforcer" la législation, avec "comme priorité la préservation des intérêts allemands de sécurité".

Ce projet "vise à renforcer" la législation, avec "comme priorité la préservation des intérêts allemands de sécurité". - Pixabay

Le gouvernement allemand a approuvé mercredi un projet de loi visant à renforcer le contrôle des projets d'acquisition de ses entreprises stratégiques par des sociétés étrangères.

Pas question de s'approcher des fleurons industriels allemands. Encore plus lorsqu'il s'agit de domaines sensibles. Et surtout pas en temps de crise sanitaire. Ce mercredi, l'exécutif allemand a décidé d'approuver un projet, certes prévu de longue date, visant "à renforcer" sa législation afin de préserver "les intérêts de sécurité" du pays. A commencer par "l'approvisionnement de certains biens essentiels, comme les vaccins", a indiqué le ministre de l'économie Peter Altmaier à l'occasion d'une conférence de presse.

Actuellement, Berlin a déjà la possibilité de bloquer des acquisitions de plus de 10% du capital dans des domaines jugés "sensibles" comme la défense et les télécommunications, la robotique, l'intelligence artificielle ou les biotechnologies, si l'opération présente un danger pour la sécurité publique.

Possibilité de suspendre les transactions

Le projet de loi va plus loin et va désormais permettre aux autorités de suspendre les transactions en attendant leur décision, afin d'empêcher tout transfert de technologie entre temps.

Il suffira aussi d'un simple soupçon pour déclencher un contrôle de la part du ministère de l'Economie. En outre, les autorités évalueront le projet d'acquisition en fonction aussi des menaces potentielles pour d'autres pays de l'Union européenne.

Les Etats-Unis dans le viseur d'Allemagne

La pandémie de coronavirus a redonné un caractère d'urgence à cette réforme, alors que les entreprises allemandes, notamment dans le domaine médical, sont convoitées par des puissances étrangères.

En mars, le gouvernement d'Angela Merkel a accusé l'administration de Donald Trump d'avoir tenté de s'approprier un projet de vaccin contre le coronavirus développé par le laboratoire allemand Curevac, afin de le réserver aux Etats-Unis.

Sous la pression de Berlin, le laboratoire allemand avait finalement repoussé les avances financières américaines.

Sans mentionner Curevac, Peter Altmaier a confirmé mercredi certains "cas" de tentative de prise de contrôle d'entreprises, notamment dans le domaine de la santé.

La question de la souveraineté des pays européens en matière de production est devenue un sujet central, alors que l'UE manque de certains équipements médicaux produits, comme les masques, sur d'autres continents.

Berlin prendra "bientôt" des décisions sur "une plus grande production de matériel médical en Allemagne et en Europe", a, par ailleurs, indiqué Peter Altmaier.

JCH avec AFP