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Jeu vidéo : pourquoi le secteur est en forte croissance

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Le marché français du jeu vidéo continue d'afficher sa très bonne santé avec une progression globale de 15% en 2018

Le secteur du jeu vidéo se porte bien. Très bien même. Selon un bilan annuel, les ventes totales de matériel, PC et consoles, de jeux - y compris sur le mobile - et d'accessoires ont atteint un chiffre d'affaires de 4,9 milliards d'euros. La progression globale est de 15%.

"On a une très bonne vitalité du secteur, bien répartie entre les différents écosystèmes du marché", a indiqué à l'AFP Julie Chalmette, présidente du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell). Les ventes numériques apparaissent comme le véritable moteur du marché: elles progressent de 67% sur les consoles, de 33% sur les ordinateurs et de 22% sur les mobiles.

L'écosystème des consoles (y compris les accessoires et les jeux, physiques et dématérialisés) reste dominant, avec 2,8 milliards d'euros de recettes (+15%), qui représentent 56% de la valeur globale du marché français. Mais ce sont les jeux vidéo mobiles qui progressent le plus vite, avec 22% de croissance, comme l'an dernier.

Le software supplante le hardware

Les grandes dynamiques sont donc confirmées, mais une tendance s'est inversée, entre les marchés du "hardware" (équipements physiques, c'est-à-dire les consoles et les ordinateurs spécialisés) et du "software" (les jeux eux-mêmes, vendus de façon physique ou dématérialisée). "L'année dernière, le hardware avait vraiment porté la croissance du jeu vidéo. Cette année, c'est le software", résume Julie Chalmette.

Les ventes de "hardware" ont baissé de 2% en 2018 (à 1,65 milliard d'euros), tandis que le "software" a connu une progression de 26%, à 3,28 milliards d'euros. Le Sell attribue cette légère décroissance du "hardware" à un effet de comparaison négatif avec l'année 2017, dopée par de nouvelles offres sur les ordinateurs configurés pour le jeu.

Du côté des logiciels, le marché est toujours en cours de dématérialisation. "Le dématérialisé tire la croissance du software, mais il n'a pas cannibalisé la vente physique", précise Julie Chalmette.

Les nouveaux modes de consommation tirent aussi cette croissance de la dématérialisation. Au lieu d'acheter un jeu une fois pour y jouer et le "finir", les amateurs acquièrent désormais le jeu de base, puis des extensions. Les jeux vidéo durent ainsi beaucoup plus longtemps et permettent aux studios et éditeurs de fédérer des communautés de fans sur le long terme, ainsi que de dégager des marges plus importantes.