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Jean-François Copé, un libéral aux manettes de l'UMP

Jean-François Copé prône une forte réduction du nombre de fonctionnaires

Jean-François Copé prône une forte réduction du nombre de fonctionnaires - -

L'ancien ministre du Budget remporte finalement la présidence du parti de droite. Ce libéral convaincu va devoir remplir un objectif: assainir les finances du parti.

C’est confirmé, le député-maire de Sceaux prend les rênes de l’UMP. Au soir du lundi 19 novembre, la Cocoe, la Commission d’organisation et de contrôle interne du parti, a proclamé Jean-François Copé nouveau président.Il devance son rival, François Fillon, d’à peine 98 voix. Ce dernier a reconnu sa défaite, non sans une certaine amertume. Un nouvel épisode après le psychodrame des élections de dimanche, qui n’a pas été sans rappeler le congrès de Reims en 2008 du Parti socialiste.

D’un point de vue économique, l’UMP accueille à sa tête un homme politique de tendance libérale, ancien ministre du Budget sous Raffarin et De Villepin. Il souhaite ainsi l’abrogation de la semaine des 35 heures et compte poursuivre la diminution du nombre de fonctionnaires, dont il voudrait d'ailleurs réviser le statut. Il dit également vouloir transformer l’ISF pour en faire un levier de financement pour les PME. "Copé a une vision trop libérale de la société", confiait un député UMP soutien de François Fillon.

Avocat d’affaires, Jean-François Copé a même l’honneur d’avoir une niche fiscale qui porte son nom, la décriée niche Copé. Celle-ci consiste en un allègement fiscal sur les plus-values des entreprises qui cèdent leurs titres de participation dans une filiale.

Redresser les finances du parti

"Il a su gérer le parti correctement durant son mandat, mais lorsqu’on l’entend continuellement faire l’éloge de la politique de David Cameron (Premier ministre britannique, ndlr), par exemple, on se pose des questions", assurait le député UMP cité précédemment.

David Cameron est connu pour sa politique d’austérité destinée à redresser les finances publiques britanniques. Une politique que Jean-François Copé risque de devoir appliquer au sein de son parti, exsangue financièrement.

En effet, Jean-François Copé hérite d’un parti en grosse difficulté financière, qui tranche avec la bonne santé affichée par son adversaire socialiste. La succession de défaites électorales depuis 2007 (sénatoriales et législatives notamment) y est pour beaucoup. Les dotations publiques allouées à l’UMP ont ainsi fondu en même temps que le nombre de parlementaires élus, passant de 38 millions d’euros en 2007, à 25 millions en 2012.

Les cotisations des adhérents, elles aussi, ont chuté. De 2007 à 2010, elles sont passées de 8 à 5,5 millions d’euros. Et l’UMP, en ne respectaner une amende de quatre millions d’euros.Cité dans le Canard enchaîné du 7 novembre, Dominique Dord, le trésorier du parti, ne se montre pas optimiste : "Il faudra s’adapter ou ce sera la bérézina". Pour Jean-François Copé le message est clair.

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