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Jacques Attali: les prévisions de Hollande ne sont pas tenables

Jacques Attali estime que son rapport remis à Nicolas Sarkozy "doit être appliqué plus que jamais"

Jacques Attali estime que son rapport remis à Nicolas Sarkozy "doit être appliqué plus que jamais" - -

L'écrivain estime impossible de réduire à la fois le chômage et le déficit.

Pour Jacques Attali, "il y a un problème". Les objectifs de François Hollande en matière de chômage et de déficit sont "incompatibles", a prévenu l'écrivain, invité lundi 10 septembre du Grand Journal d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business.

Selon l'écrivain, "nous sommes sur une pente de 4 millions de chômeurs à fin 2013. Pour éviter cela, il faut des réformes majeures". Combiner cela avec une réduction du déficit à 3% est donc "extrêmement difficile". Selon lui, une réduction des dépenses de 30 milliards d'euros est donc "nécessaire, et pas seulement pendant un an, mais durant 3 ans". Mais cette cure d'austérité aura "un impact sur la croissance et l'emploi".

Pour le président de PlaNet Finance, les mesures annoncées dimanche soir par le président de la République ne sont donc "sûrement pas pour solde de tout compte, et des efforts nouveaux seront demandés en 2013".

L'ancien conseiller de François Mitterrand a répété que la "seule solution" réside dans des "réformes de structures", notamment du marché de l'emploi. Sans toutefois copier le modèle allemand, où le salaire peut tomber jusqu'à 5 euros par jour: "je préfère être chômeur que de travailler dans ces conditions dégradantes. Ce n'est pas du tout une solution que les Français pourraient accepter". Il écarte aussi l'idée d'une relance keynésienne: "la croissance ne viendra pas de plus de déficits".

Enfin, il a suggéré d'appliquer les mesures proposées dans son rapport sur la croissance commandé par Nicolas Sarkozy. "J'ai bon espoir", car le rapporteur de cette commission sur la croissance, Emmanuel Macron, est aujourd'hui "au coeur du système" -il est devenu secrétaire général adjoint de l'Elysée. "Je l'ai présenté à François Hollande!", a assuré le professeur. Alors qu'il prétendait auparavant que l'ancien gouvernement avait repris la quasi-totalité de son rapport, il a admis lundi que "l'ancien président n'a appliqué qu'un petit tiers de nos propositons".

Last but not least, il a apporté son soutien à la taxation des hauts revenus à 75%: "si c'est un million d'euros par part et que cela ne concerne pas les revenus du capital, alors ça ne touchera pas grand monde...".

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