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Investissement responsable : l’engouement ne se dément pas

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Les fameux critères ESG environnementaux, sociaux et de gouvernance sont de plus en plus pris en compte dans les stratégies d’investissements.

Investir oui, mais investir éthique. C’est une tendance de plus en plus forte dans le monde et en particulier en Europe, si on en croit un récent sondage.

Selon une consultation réalisée par BNP Paribas, 78% des répondants (propriétaires et gestionnaires d’actifs en Europe, Asie et Amérique du Nord) affirment que le facteur ESG qui permet d’évaluer l’approche environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise est de plus en plus pris en compte dans leurs stratégies d’investissement.

75% des détenteurs d’actifs et 62% des gestionnaires d’actifs affirment détenir plus d'un quart de leurs investissements dans des fonds intégrant des facteurs ESG, contre respectivement 48% et 53% en 2017.

65% des sondés ont par ailleurs répondu qu'ils alignaient leur stratégie d’investissement avec les objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD). « De plus en plus de détenteurs et de gestionnaires d’actifs voient dans l’investissement responsable un moyen d’apporter une contribution positive aux (ODD) », peut-on lire dans le rapport.

Si la volonté d’investir de manière responsable a donc le vent en poupe, elle n’interdit pas les ambitions de rentabilité. 60% des sondés estiment ainsi que leurs portefeuilles ESG surperformeront le marché au cours des cinq prochaines années. Parce qu’ils évoluent justement dans un environnement durable. L'indice STOXX Global Climate Leaders en atteste. Selon les dernières données disponibles, celui-ci a, en effet, surperformé de 5,4% par an l’indice STOXX 1800 sur 6 ans .

Plus globalement, selon un rapport de la Global Sustainable Investment Alliance (GSIA), l'investissement durable a progressé de 34% dans le monde entre 2016 et 2018, pour atteindre 30 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

L’Europe en pointe

Le "screening" négatif, pratique qui consiste à exclure d'un fonds les entreprises jugées « néfastes » pour l'environnement et la société, s'impose comme la stratégie d'investissement la plus répandue (19 800 milliards de dollars), suivie de l'intégration des critères ESG (17 500 milliards de dollars).

Selon la GSIA, l'Europe serait la région la plus favorable à l'investissement durable avec 12 300 milliards d'euros d'actifs sous gestion en 2018 devant les États-Unis avec 12 000 milliards de dollars d'actifs, et le Japon avec 2 180 milliards de dollars. Au Canada, ils représentent aujourd’hui la moitié de l'ensemble des actifs du pays et même 63% en Australie et en Nouvelle-Zélande.

« Les gestionnaires d’actifs aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont indiqué, lors d’enquêtes régionales, que le désir de diminuer les risques et d’améliorer leurs performances financières au fil du temps constituait l’une des principales motivations de leurs stratégies d’investissement durable », précise le rapport. « La recherche d’un impact positif reste également une motivation importante », ajoute-t-il.

Tegwen Le Berthe, responsable développement ESG chez CPR AM, estime qu’il convient avant tout de faire preuve de pragmatisme. « L’idée c’est d’offrir aux investisseurs une solution dans laquelle ils peuvent investir et qui puisse être placée en cœur de portefeuille ». C’est là l’avantage des fonds qui ne se restreignent pas à seulement quelques secteurs et qui couvrent, en prime, l’ensemble des régions de la planète.

« En plus de cela, cette approche du tout secteur se révèle représentative du marché », souligne-t-il. « Le monde de demain n’occultera pas les filières polluantes telles que le pétrole et le gaz. Dans le monde de demain, il restera une petite part de charbon et beaucoup de gaz et de pétrole. Nous avons encore besoin de ces entreprises et c’est simplement être pragmatique que de le reconnaître. L’idée derrière cela, c’est d’être capable d’identifier les organisations qui vont réussir à effectuer cette transition énergétique et d’éliminer celles qui seront les perdantes ».

Olivier CHICHEPORTICHE