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Impôts: pourquoi la Grèce a eu raison de s'attaquer au cas Mykonos

Un des restaurants les plus huppés de Mykonos a dû fermer ses portes pendant 20 jours pour récidive de fraude fiscale.

Un des restaurants les plus huppés de Mykonos a dû fermer ses portes pendant 20 jours pour récidive de fraude fiscale. - Harvey Barrison - Flickr - CC

Les revenus en TVA de l'île la plus festive de Grèce ont explosé de 170% cet été, a-t-on appris jeudi. Le durcissement des méthodes de lutte contre une évasion fiscale endémique a visiblement porté ses fruits.

Cet été, même Mykonos la fêtarde a payé sa TVA. La Grèce a pour une fois mené en août une chasse réussie aux fraudeurs fiscaux sur les îles, notamment à Mykonos, haut-lieu du tourisme festif, où les revenus de la TVA ont bondi de 170%, selon les comptes du Secrétariat général aux revenus publics publiés jeudi.

Mis sous pression depuis des années par ses créanciers, UE et FMI, pour mettre fin à une évasion fiscale endémique, ce pays surendetté a globalement perçu le mois dernier des revenus de TVA en hausse de 9,9% par rapport aux objectifs budgétaires.

Fermeture des établissements récidivistes

Pour ses principales îles touristiques, le surplus est de 62,3%, soit 32 millions d'euros. Mykonos et Rhodes ont été les championnes de ce sursaut de discipline fiscale, avec des résultats représentant près de trois fois les objectifs, et deux fois à Santorin, une autre destination phare.

Le ministère des Finances attribue ces résultats à l'intensification des contrôles, longtemps considérés comme inefficaces dans toute l'Europe en particulier pour cause de corruption des inspecteurs, et à l'entrée en vigueur d'une loi permettant de fermer les établissements récidivistes en cas de fraude. Cette mesure a notamment valu à un des bars-restaurants les plus huppés de Mykonos de devoir fermer ses portes pendant 20 jours début septembre.

Le plafonnement des retraits paie

La généralisation des paiements électroniques a aussi contribué à cette embellie fiscale, selon le ministère. Elle a fait suite à la mise en place en juin 2015 d'un contrôle des capitaux, à l'époque sur fond de menace d'expulsion de la Grèce de la zone euro. Toujours en vigueur, il limite actuellement les retraits en liquide à 840 euros tous les 15 jours.

Le quotidien libéral Kathimérini expliquait aussi cette progression des revenus par l'augmentation du taux général de la TVA imposé au printemps dans le cadre d'un énième train de mesures d'austérité, mais, selon le ministère, les objectifs de collecte pour août avaient intégré cette hausse. Les revenus de la TVA restent toutefois inférieurs de 0,8% aux objectifs pour les huit premiers mois de 2016. Mais pour les mêmes périodes de 2015 et 2014, le déficit était respectivement de 13,7% et de 14%.

N.G. avec AFP