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Immobilier de luxe à Paris : une flambée des prix due au Brexit 

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De plus en plus de Français et d’Européens choisissent de quitter Londres pour s’installer à Paris. Et les prix de l’immobilier en subissent les conséquences.

C'est l'effet Brexit. Les ressortissants français et européens qui, jusqu’à présent, vivaient outre-Manche (à Londres plus spécifiquement), sont donc de plus en plus nombreux à effectuer la traversée en sens inverse.

De l’avis de plusieurs spécialistes de l’immobilier, il ne serait plus question de voir en cela un épiphénomène, puisque selon les quartiers visés, les ventes de logements auprès de cette clientèle peuvent désormais atteindre 12%. Parmi leurs zones de prédilection, le 8e, le 16e, le 17e arrondissements sont en bonne place. C’est également le cas de Neuilly-sur-Seine où les opérations réalisées par ces clients bien spécifiques oscillent, depuis six mois, entre 8 et 12% dans les réseaux immobiliers haut de gammes.

Parallèlement à cela, les Français et les Européens qui font le choix soit de venir, soit de revenir s’installer à Paris optent également souvent pour des quartiers comme le Marais, mais aussi pour des arrondissements comme le 6e, 7e, 9e et 18e. Dans ce cas, entre 5 et 10% des transactions sont concernées. Résultat : depuis cet été, des centaines de ventes ont été réalisées avec des acquéreurs ayant pris le parti de quitter Londres pour transférer leur activité.

Une demande plus forte

Le problème tient au fait que la venue sur le marché de cette nouvelle clientèle dont le pouvoir d’achat se révèle plus important que celui des Parisiens participe à l’augmentation significative des prix dans ces arrondissements. Ces acheteurs au profil bien particulier accentuent, mine de rien, la demande alors que l’offre immobilière dans la capitale restent « structurellement en pénurie », rappellent les acteurs du secteur.

Pour Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes, « il n'est plus possible de trouver un bien correct à moins de 12 000 euros le m² dans la zone Martyrs-Montmartre ». Idem dans le Marais. Dans ce quartier, « le marché est tout aussi dynamique avec 22 ventes réalisées ce mois-ci, dont un quart des acheteurs venant de Londres », concède-t-il. Au-delà de cela, plusieurs paliers ont récemment été franchis au sein du réseau Barnes. Dans le 18e arrondissement par exemple, le cap des 20 000 euros/m² a été dépassé. Dans le Marais, ont atteint même les 25 000 euros le m² pour des biens d’exception.

Une tendance marginale ?

L’avantage pour ces nouveaux venus c’est qu’ils disposent, a priori, de conditions d’acquisition extrêmement intéressantes dans la mesure où ils ont, bien souvent, mis en vente leur appartement à Londres afin de financer leur achat. Parmi eux, l’essentiel travaillerait dans la finance. Il s’agirait, principalement, de ménages entre 40 et 50 ans avec des enfants qui, généralement, recherchent des appartements à proximité de bonnes écoles.

Reste que malgré l’envolée des prix à Paris (9 353 euros/m² pour un appartement, 10 026 euros/m² pour une maison, selon les chiffres publiés par Meilleurs Agents) d’autres acteurs, à l’instar du réseau Sotheby's International Realty, considèrent, au contraire, que malgré ces résultats en nette hausse, cette tendance demeurerait marginale. Du moins, pour l’instant…

Ces chiffres seraient, en effet, à prendre avec la plus grande précaution dans la mesure où ils ne concernent que le marché du très haut de gamme. Sauf que les spécialistes de l’immobilier le savent. La hausse des prix dans la filière du luxe se répercutent généralement presque instantanément sur celui du marché global.

Julie COHEN-HEURTON