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Hollande, cible collatérale des manifestations contre l'austérité

Le Front de Gauche manifestera aux côtés des syndicats mercredi, contre les politiques d'austérité.

Le Front de Gauche manifestera aux côtés des syndicats mercredi, contre les politiques d'austérité. - -

Le Front de gauche défilera aux côtés des syndicats, ce mercredi 14 novembre, pour dénoncer les politiques d'austérité en Europe. Avec, en ligne de mire, le gouvernement français.

François Hollande a son oreille gauche qui siffle. Ce mercredi encore, le Front de Gauche sera dans la rue pour participer à la manifestation européenne contre les politiques d'austérité.

A l'appel de l'intersyndicale -CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa- des manifestations unitaires sont prévues dans toute la France, en écho au mot d'ordre de la Confédération européenne des syndicats (CES) "pour l'emploi, la solidarité en Europe et contre l'austérité".

Et même si la démarche est avant tout solidaire des syndicats grecs, espagnols et portugais, cette dernière sonne comme un ras-le-bol contre la politique économique du gouvernement actuel.

"Ce n'est pas un problème de morale"

La décision d’accorder un crédit d’impôts aux entreprises, compensé (en partie) par une hausse de la TVA, a ainsi achevé de briser le lien entre l’exécutif et sa gauche, naguère unis pour dénoncer le libéralisme et ses dérives.

Il est notamment reproché au gouvernement Ayrault de se montrer trop timide sur les contreparties imposées aux entreprises : "On prend encore des richesses issues du travail pour les transférer vers le Capital", fulmine Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche. "Ce n’est pas un problème de morale, nous ne disons pas que les patrons ne sont pas des gens biens, c’est simplement un problème de système."

Selon lui, la solution passe par l’investissement mais le système en question ne le favorise pas, les actionnaires n’étant motivés que par la rente procurée par leur investissement.

François Hollande "a toujours suivi une voie d'accompagnement du libéralisme"

Toujours selon Eric Coquerel, les choses ne sont pas prêtes d’évoluer durant le mandat de François Hollande ("il a toujours suivi une voie d’accompagnement du libéralisme"). Il n’attendait d’ailleurs aucune annonce marquante de l’intervention du chef de l’Etat, ce mardi à l’Elysée: "Quand je vois le gouvernement socialiste nier la moindre de leurs promesses, quand je vois leur porte-parole agiter un tract contre une hausse de la TVA, un mois avant les annonces que l’on connaît…" Le divorce semble bel et bien consommé entre les socialistes et ceux qui constituent désormais une opposition à part entière.

Yann Duvert