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Guyane: Cazeneuve rejette la demande d'un plan d'aide de 2,5 milliards d'euros

Bernard Cazeneuve a réuni plusieurs ministres cette après-midi.

Bernard Cazeneuve a réuni plusieurs ministres cette après-midi. - Jacques DEMARTHON / AFP

Le Premier ministre a jugé la demande d'un plan d'aide de 2,5 milliards d'euros "irréaliste". Mais il a appelé à "poursuivre le dialogue" avec les Guyanais.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a appelé ce lundi à "poursuivre le dialogue" en Guyane, actuellement interrompu avec les meneurs du mouvement social, tout en refusant de "promettre des aides financières (...) irréalistes". "Il serait (...) aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste puis d'en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement. Ce n'est pas la conception que nous avons de la responsablité dans la République", a déclaré le Premier ministre à Matignon.

Il s'exprimait à l'issue d'une réunion d'une bonne partie du gouvernement, au lendemain de l'ultimatum des responsables du mouvement, qui avaient exigé dimanche 2,5 milliards d'euros "tout de suite" pour le développement de ce territoire ultramarin. "Je ne m'engagerai que sur ce que je sais pouvoir tenir", a-t-il déclaré, avec à ses côtés 12 membres du gouvernement, dont la ministre de l'Outre-mer Ericka Bareigts et le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl.

"Nous avons entendu nos compatriotes guyanais"

"J'en appelle encore une fois à la raison et à la levée des barrages. Bloquer la Guyane, bloquer son économie, bloquer ses écoles, bloquer ses services publics, ce n'est pas ainsi que l'on peut préparer l'avenir", a poursuivi Bernard Cazeneuve. "Nous avons entendu nos compatriotes guyanais", a affirmé le Premier ministre, qui a détaillé le plan de plus d'un milliard d'euros proposé par le gouvernement, dont les engagements doivent être "actés" mercredi en Conseil des ministres.

"La Guyane ne pourra pas décoller", a-t-il déclaré en référence au collectif des protestataires guyanais "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), "sur la base de fausses promesses et d'engagements non tenus". La Guyane "ne pourra pas s'épanouir sans responsabilité. J'appelle donc l'ensemble des partenaires à poursuivre le dialogue afin de bâtir ensemble l'avenir de la Guyane", a-t-il encore déclaré.

À Cayenne, les "500 frères contre la délinquance", un groupe en pointe dans le mouvement social en cours depuis deux semaines, ont fait fermer ce lundi tous les magasins de la ville où une "opération ville morte a été décrétée". "Il faut fermer, il n'y a pas le choix", a indiqué à l'AFP, l'un des membres du mouvement, cagoulé, alors qu'il venait d'intimer l'ordre à un commerçant de baisser son rideau.

P.L avec AFP