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Grèce: un nouveau scandale pourrait retarder les privatisations

La Grèce doit mener à bien un important programme de privatisations, en échange de l'aide internationale

La Grèce doit mener à bien un important programme de privatisations, en échange de l'aide internationale - -

Accusé de conflit d'intérêts, le président du fonds chargé des privatisations a dû démissionner, dimanche 18 août. Une péripétie qui risque de retarder le programme de cessions mené par l'Etat.

La Grèce connaît un nouveau scandale politico-financier. Le président du fonds chargé des privatisations, Stelios Stavridis a été poussé vers la sortie, dimanche 18 août, sur des soupçons de corruption. Il est le deuxième président du fameux fonds contraint de quitter ses fonctions en moins de six mois.

Après avoir finalisé la cession d'un tiers du capital de l'Opap, l'organisme public des paris en ligne, Stelios Stavridis a accepté de voyager gratuitement dans le jet privé de l'acheteur. "Conflit d'intérêt", a hurlé la presse grecque. "Comportement inadéquat" a tempéré, de son côté, le gouvernement.

Un limogeage malvenu

Qu'importe. Ce limogeage est malvenu, car il va encore ralentir la mise en œuvre du programme de privatisations, dont l'Opap est une des pièces maîtresses.

La cession de 33% des parts de l'Opap va rapporter un peu plus de 650 millions d'euros à l'Etat. Et elle est surtout perçue comme un test de la volonté d'Athènes de démarrer son processus de cessions d'actifs publics.

2,6 milliards d'euros de cessions à réaliser

Ce programme est imposé par l'Union européenne et le FMI, en échange des prêts dont le pays bénéficie depuis 3 ans, pour l'aider à traverser la crise. Mais pour le moment, Athènes est encore loin d'atteindre son objectif de 2,6 milliards d'euros de cessions cette année.

La Grèce a néanmoins affirmé que ce limogeage n'affectera en rien son programme de cessions d'actifs. Elle assure qu'elle tiendra ses engagements.

Sidonie Watrigant