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Grèce: pour le FMI le compte n'y est pas

Olivier Blanchard veut avant tout que le programme d'Athènes soit cohérent

Olivier Blanchard veut avant tout que le programme d'Athènes soit cohérent - Stephen Jaffe - FMI - AFP

Le chef économiste du Fonds Monétaire International, Olivier Blanchard, estime dans un entretien accordé aux Echos, que la Grèce ne propose pas encore les mesures nécessaires pour arriver à un surplus budgétaire.

Athènes va encore devoir retrousser ses manches. Ce lundi 25 mai, l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, a estimé dans un entretien aux Echos, que les mesures proposées par la Grèce à ses créanciers internationaux sont pour l'instant insuffisantes.

Le pays, qui est à court de liquidités et risque le défaut de paiement, mène depuis des semaines de difficiles négociations avec ses créanciers, UE et FMI en tête, pour obtenir le versement de tout ou partie de 7,2 milliards de prêts.

Interrogé sur la position du FMI, Olivier Blanchard a indiqué qu'elle était "flexible sur ce qu'Athènes doit faire dès lors qu'un programme cohérent est présenté in fine", selon cet entretien disponible sur le site internet du quotidien économique.

"En tenant compte des dernières estimations faisant état d'un déficit budgétaire substantiel pour le moment, il faut donc des mesures crédibles pour transformer ce dernier en surplus et maintenir ce surplus dans l'avenir", selon lui.

"Au vu de ce qui est proposé pour l'heure, on en est encore assez loin", a prévenu Olivier Blanchard qui doit quitter son poste au FMI en septembre prochain. Il a notamment estimé que "le système des retraites est souvent trop généreux, qu'il y a encore trop de fonctionnaires", ajoutant qu'il faut "regarder quelles mesures structurelles sont essentielles pour garantir une croissance soutenue à moyen terme".

La Grèce remboursera tant qu'elle le pourra 

Il a par ailleurs dit qu'il existait "plusieurs scénarios de crise allant du contrôle des capitaux à la sortie de l'euro", espérant toutefois "tous les éviter".

Ces propos sont publiés alors qu'un porte-parole du gouvernement grec a déclaré lundi que le pays honorera "toutes ses obligations financières", tant qu'il le pourra, à moins de deux semaines du prochain remboursement qu'Athènes doit au FMI, soit 300 millions d'euros le 5 juin.

Le porte-parole grec a également fermement démenti tout scénario d'instauration d'un contrôle des capitaux pour stopper le flux des retraits de dépôts bancaires.

Le ministre de l'Intérieur grec Nikos Voutsis avait de son côté déclaré dimanche que la Grèce n'avait pas d'argent pour payer le FMI en juin, un risque brandi à plusieurs reprises récemment par des officiels grecs dans le cadre des négociations avec les créanciers du pays.

J.M. avec AFP