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Grèce: "non" au référendum mais "oui" à l'euro

Un garde devant le Palais présidentiel grec.

Un garde devant le Palais présidentiel grec. - LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Le Premier ministre grec, lors d'un discours adressé à la population, a indiqué qu'il maintenait le référendum de dimanche, et qu'il appelait les Grecs à voter "non" aux propositions faites par les créanciers du pays. Un "non" ne veut pas dire une sortie de l'euro, a-t-il assuré.

Le bras de fer continue entre la Grèce et ses créanciers. Dans une allocution télévisée ce mercredi après-midi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a indiqué que le référendum sur les mesures d'austérité réclamées à Athènes par ses créanciers était maintenu. Il a appelé les citoyens à voter non. Mais il a martelé qu'une victoire du vote négatif n'entraînerait pas pour autant un Grexit, puisque son pays avait "acquis le droit à l'euro". 

Au même moment, une conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro se tenait pour examiner une nouvelle demande d'aide financière de la Grèce. Finalement, ses membres ont décidé de l'interrompre, et d'attendre le résultat du référendum pour organiser une nouvelle réunion. En somme, le scénario réclamé par Angela Merkel dans la matinée, qui estimait qu'il fallait attendre le vote pour reprendre les négociations. François Hollande, pour sa part, avait appelé à un accord "tout de suite". 

Retrouvez le récit de cette journée du 1er juillet minute par minute ci-dessous.

21h12 - Athènes vise un accord lundi

L'objectif du gouvernement grec est de parvenir à un accord avec les créanciers internationaux du pays lundi, a déclaré mercredi le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. Le Premier ministre, Alexis Tsipras, a réitéré son appel aux Grecs à voter "non" aux propositions des bailleurs de fonds lors du référendum de dimanche. Aucune annonce n'a été faite mercredi à l'issue d'une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro. L'Eurogroupe ne prévoit pas de nouvelle réunion avant le référendum.

20h38 - La BCE continue de financer au même niveau les banques grecques

La Banque centrale européenne, qui accorde des liquidité d'urgence aux banques grecques à travers un mécanisme appelé ELA, a maintenu inchangé le plafond de cette aide. Ces dernières semaines, pour faire face aux retraits massifs dans les banques du pays, l'institution de Francfort augmentait chaque semaine ce plafond. Depuis lundi, Athènes a instauré un strict contrôle des capitaux pour stopper l'hémorragie. 

19h29 - Le FMI peu disposé à accorder un délai à Athènes

Accorder un délai de paiement "n'aide pas" les pays confrontés à des besoins de financement "immédiats" et à des problèmes économiques "fondamentaux", selon le FMI auprès duquel la Grèce a manqué un paiement de 1,6 milliards d'euros mardi. Cette échéance n'est rien comparé aux 10 milliards qu'Athènes doit encore verser à ses créanciers d'ici la fin 2015:

> Juillet: 455 millions d'euros dus au FMI le 13, et 3,456 milliards à la BCE le 20, et 25 millions d'euros à la BEI, le 20 également.

> Août: 3,188 milliards d'euros à la BCE le 20 août.

> Septembre: 1,556 milliard d'euros au FMI en quatre échéances, les 4, 14, 16 et 21.

> Octobre: 455 millions au FMI le 13

> Décembre: 1,214 milliard d'euros en trois échéances, les 7, 16 et 21

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- © Capture d'écran Indiegogo

19h16 - Les citoyens européens donnent 1 million à la Grèce

La campagne de financement participatif lancée mardi par un jeune britannique pour aider la Grèce à trouver des fonds a atteint les 1 millions d'euros en fin d'après-midi ce mercredi. Un peu plus tôt sur son compte Twitter, Thom Feeney, le jeune vendeur de chaussure de luxe à l'origine de l'opération postait un graphique montrant d'où venaient les contributions. Les Allemands sont largement en tête. 

18h46 - L'Eurogroupe jette l'éponge

La zone euro décide d'attendre le référendum avant de nouvelles discussions. les ministres des Finances de la zone euro ne se réuniront plus jusqu'à dimanche et la tenue du référendum en Grèce pour examiner les nouvelles propositions grecques. "L'Eurogroupe est uni pour décider d'attendre le résultat du référendum avant la poursuite des discussions", a indiqué Peter Kazimir, le représentant slovaque de l'Eurogroupe, sur son compte Twitter. "Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs", a-t-il ajouté dans un second tweet.

17h56 - Les bourses européennes rebondissent 

Les Bourses européennes se sont offert un fort rebond mercredi et retrouvé les espoirs, perdus au cours des deux séances précédentes, d'un compromis entre le gouvernement grec et ses créanciers. Paris, qui avait perdu 5,32% au cours des deux séances précédentes, a fini en hausse de 1,94% à 4.883,19 points après avoir touché un plus haut en séance à 4.941,61 points. Londres a gagné 1,34%, Francfort 2,15%, Milan 2,21% et l'indice EuroStoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, 2,1%. 

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17h53 - L'Eurogroupe sur la Grèce a "peu de chances" de progrès

Les ministres des Finances de la zone euro examineront la dernière proposition adressée par la Grèce mais il y a "peu de chances" que la réunion de l'Eurogroupe débouche sur le moindre progrès après le discours d'Alexis Tsipras, a déclaré mercredi Jeroen Dijsselbloem. "Nous allons discuter des propositions mais avec ce dernier discours, je vois peu de chances de progrès", a dit le président de l'Eurogroupe, qui devait se réunir par téléconférence dans l'après-midi. Le Premier ministre grec a réitéré mercredi son appel à voter "non" aux propositions des créanciers de la Grèce lors du référendum prévu dimanche.

16h28 - Un vote "non" au référendum est nécessaire

Un vote "non" au référendum est nécessaire pour que la Grèce obtienne un meilleur accord, dit Alexis Tsipras dans une allocution adressée aux citoyens grecs et retransmise sur BFM Business. 

Le Premier ministre grec s'est insurgé contre l'obligation de fermer les banques du pays. "C'est inadmissible dans une Europe de solidarité. Tout ça parce que le gouvernement a décidé de donner la parole au peuple", s'est-il indigné. Il a parlé de "chantage" à propos des propositions que les créanciers voulaient faire signer à Athènes samedi, des propositions "inacceptables". 

Le chef de gouvernement grec a par ailleurs nié qu'un "non" au référendum signifierait une sortie de la Grèce de la zone euro. "Notre pays dans l'euro, c'est un acquis et personne ne peut en douter", a-t-il martelé.

"Nous allons rechercher un meilleur accord. Ce n'est pas une rupture avec l'Union européenne mais le retour à des valeurs européennes. Le 'Non' signifierait mettre la pression pour un meilleur accord, pour pouvoir voir de nouveau notre pays sur les marchés financiers, pour faire face à la crise humanitaire", a-t-il affirmé.

15h15 - Valls: "Un accord est encore possible"

"Un accord est encore possible, un accord c'est toujours possible et souhaitable", a dit le Premier ministre français lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. "Le dialogue a repris et la France y est pour beaucoup, des propositions continuent d'être évaluées entre les parties prenantes". "En ces heures très délicates de négociation, les choses, reconnaissons-le, restent fragiles", a souligné Manuel Valls en accusant Nicolas Sarkozy, sans le nommer, de mettre de l'huile sur le feu par des déclarations "pas responsables" (vidéo ci-dessous).

14h53 - Le syndicat du privé grec appelle au retrait du référendum 

La confédération générale des travailleurs du privé (GSEE), le plus important syndicat en Grèce en nombre de membres, a appelé le gouvernement à annuler le référendum de dimanche. "La question du référendum est factieuse et facteur de division", indique le communiqué de la GSEE. Le syndicat explique s'opposer à tout "memorandum" (mesures d'austérité) qu'il vienne des créanciers ou du gouvernement, mais aussi à toute remise en cause du maintien du pays dans l'Union européenne et la zone euro.

14h30 - "L'accord, c'est tout de suite"

Le président français a répété qu'il n'y avait "pas de risque majeur pour la France". Evoquant le référendum censé se tenir en Grèce le 5 juillet, il a estimé qu'il "y a toujours un risque".

En désaccord frontal avec l'Allemagne qui refuse de négocier avec Athènes avant la tenue du scrutin, "l'accord c'est tout de suite", a tonné François Hollande. Attendre l'après-référendum pourrait entraîner "un saut dans le vide". "Je veux qu’on puisse trouver un accord en fonction des règles européennes (...) Si l’accord ne peut être trouvé, alors il y aura un référendum (...) Notre devoir c’est que la Grèce reste dans la zone euro", a-t-il ajouté. 

13h40 - La zone euro "peut résister"

Le Commissaire européen en charge de l'euro Valdis Dombrovskis a assuré que la zone euro peut "peut résister(...) quoi qu'il se passe en Grèce", tentant ainsi de rassurer face au risque de "Grexit".

13h13 - Le "nein" de Merkel

Angela Merkel droite dans ses bottes. Comme hier, la chancelière allemande refuse de renouer les négociations avant le référendum du 5 juillet. "L'avenir de l'Europe n'est pas en jeu dans la crise grecque", ajoute-t-elle.

13h04 - Tsipras va s'adresser à la nation

Le Premier ministre grec devrait s'adresser à la nation dans quelques minutes selon l'agence de presse Ana.

12h45 - Schäuble ne voit pas de possibilité d'accord au référendum

Le ministre des Finances allemand a l'habitude de doucher les espoirs sur les accords. Devant les députés allemands Wolfgang Schäuble a tenu sa réputation. Il ne voit ainsi pas de possibilité d'arriver à un accord avant le référendum de dimanche.

12h15 - Sarkozy veut "protéger la zone euro du désastre grec"

L'ancien président de la République s'est livré à une violente charge contre Alexis Tsipras dans Le Monde, estimant que la Grèce avait "suspendu, de fait", son appartenance à la zone euro, et que le Premier ministre grec en portait "l'entière responsabilité".

"Aujourd’hui, la question est davantage de savoir comment protéger la zone euro du désastre grec que de simplement protéger la Grèce", a également lancé le président des "Républicains". 

>> En savoir plus: Pour Sarkozy, la Grèce porterait "l’entière responsabilité" d’une sortie de l’euro

12h00 - Wolfgang Schäuble ne voit "pas de base" pour des décisions sérieuses

Le ministre des Finances allemand a estimé que la lettre d'Alexis Tsipras n'avait "pas apporté de clarté", et qu'il ne voyait "pas de base" pour des décisions sérieuses.

11h45 - La Grèce "prête à accepter" les réformes sous conditions

Selon le Financial Times, Alexis Tsipras aurait accepté par écrit les propositions des créanciers de la Grèce. Le Premier ministre grec aurait toutefois posé plusieurs conditions, parmi lesquelles la conservation de certains taux de TVA dans les îles, le report de la suppression de l'allocation de solidarité aux retraités, et le report de l'augmentation de l'âge légal de départ à la retraite.

11h22 - La Bourse de Paris accélère

Porté par un espoir de résolution sur le dossier grec, la Bourse de Paris a accéléré ses gains pour atteindre +2,59% à la mi-séance.

10h00 - La Grèce inquiète le CCFA

Alors que le mois de juin a été exceptionnel, pour le marché automobile, le président du CCFA Patrick Blain, a indiqué resté prudent pour 2015, laissant inchangé la prévision de +2%. La raison? Les aléas liés à la crise grecque.

9h25 - La téléconférence de l'Eurogroupe reportée à 17h30

Initialement prévue à 11h30, la téléconférence entre les membres de l'Eurogroupe, qui pourrait accoucher de progrès dans le dossier grec, a été décalée à 17h30 (15h30 GMT).

9h06 - La Bourse en nette hausse

Le défaut de paiement de la Grèce auprès du FMI n'effraie pas les marchés, au contraire. La Bourse de Paris a ainsi ouvert en nette hausse (+1,24%) ce mercredi matin.

>> Retrouvez tous les cours de bourse en temps réel sur le site Bourse de BFM

8h50 - Juppé : "le système fiscal grec est une passoire"

"On est prêts à restructurer la dette, mais il faut des engagements précis de la Grèce qui doit remettre de l’ordre dans ses finances publiques", a estimé l'ancien Premier ministre sur BFMTV et RMC. "On sait très bien, et je l’ai déjà dit, que le système fiscal grec est une passoire!"

8h40 - Juppé: "La Grèce est un pays qui a toute sa place en Europe"

Invité de BFMTV-RMC, le maire républicain de Bordeaux Alain Juppé souhaite que la Grèce "reste avec nous, c'est un pays qui a toute sa place en Europe. Elle fait partie de notre héritage"

Il ajoute néanmoins que les Grecs devront faire leur choix. Ainsi si le référendum du 5 juillet "il faut leur dire la vérité (aux Grecs, ndlr). Dans un club il y a des règles; il faut les respecter", ajoute-t-il.

8h27 - Tsipras a "conduit la Grèce à une situation désastreuse"

Invité de BFM Business, Jacques Mistral, responsable des études économiques à l'IFRI, Syriza et Alexis Tsipras ont ruiné les efforts entrepris jusqu'à fin 2014 pour redresser la Grèce. "On entrait dans une nouvelle ère dans laquelle on allait s'attaquer au fardeau de la dette. Cette situation propice (...) Syriza et le Premier ministre ont mis tout ça par terre et conduit la Grèce à une situation désastreuse par rapport à ce qu'elle était il y a six mois".

8h19 - Sapin espère toujours un accord

Le ministre des Finances Michel Sapin a assuré sur RTL que "le but est de trouver un accord, avant le référendum si c'est possible".Il a encore estimé qu'une victoire du "non" au référendum de dimanche faisait peser le "risque" d'une sortie de la Grèce de l'euro et que le rôle de la France serait alors "de faire tout pour que la Grèce reste dans l'euro".

7h57 - Fillon voit "l'ombre terrifiante d'un défaut de paiement de la France"

Le député Républicain François Fillon estime sur France Info que "derrière la Grèce", il y a "l'ombre terrifiante d'un défaut de paiement de la France".

7h15 - Faut-il s'inquiéter d'un risque de contagion?

Les coûts d'emprunts des pays du Sud de l'Europe ont flambé en début de semaine, montrant les craintes des investisseurs...

>> Lire la suite: Qui la Grèce peut-elle entraîner dans sa chute?

6h54 - Le "non" en tête des sondages pour le référendum

Selon une enquête réalisée par l'institut ProRata pour le quotidien Efimerida Ton Synkaton, le "non" (54%) devance assez largement le "oui" (33%) dans les intentions de vote des Grecs en vue du référendum du 5 juillet. Pour rappel, le peuple hellénique approuvera ou rejettera alors les propositions des créanciers d'Athènes.

6h50 - 528.000 euros pour la Grèce en crowdfunding!

Le jeune Anglais de 29 ans qui avait décidé de mener une campagne de crowdfunding pour permettre à la Grèce de rembourser le FMI n'a évidemment pas rempli son objectif. Mais la somme récoltée (528.847 euros) reste impressionnante! Et au passage, Thom Feeney s'est aussi offert un beau coup de pub.

5h15 - Les bourses asiatiques gardent leur calme

Pour le moment, le défaut de paiement de la Grèce n'a pas de conséquence trop fâcheuse sur les places asiatiques. Tokyo et Séoul évoluent ainsi en légères hausse.

Les nouvelles bases de discussion entre Athènes et ses créanciers

Alexis Tsipras a fait des concessions, sur les principaux point d'achoppement:

> Sur la réforme des retraites: le gouvernement grec est prêt à repousser l'âge de départ à 67 ans d'ici 2022. A condition que cette réforme débute en octobre, et pas immédiatement comme le souhaitent les créanciers.

> Sur la question de la TVA: Alexis Tsipras dit oui aux mesures proposées par les créanciers, à quelques exceptions près. Il demande notamment que les îles grecques continuent de bénéficier d'uneTVA à taux réduit, compte tenu de leurs difficultés d'approvisionnement.

> En contrepartie, le gouvernement grec réclame -et c'est là que les négociations continuent de buter- un 3ème plan d'aide de 30 milliards d'euros, quand la dernière proposition des créanciers portait sur 15 milliards d'euros. La Grèce continue en outre d'exiger une renégociation de la dette, ce qui n'est toujours pas à l'ordre du jour côté créanciers.

J.M. et N.G. avec agences