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Grèce: le FMI admet des "échecs notables"

Le FMI tablait sur un retour pour la croissance grecque dès 2012, il n'en a rien été.

Le FMI tablait sur un retour pour la croissance grecque dès 2012, il n'en a rien été. - -

Le Fonds monétaire international a admis, mercredi 5 juin, avoir établi des prévisions de croissance bien trop optimistes, lors de la mise en place du premier plan d'aide au pays, en 2010. Il doute également du bon fonctionnement de la troïka.

Le FMI reconnaît ses torts. Mercredi 5 juin, l'institution dirigée par Christine Lagarde a reconnu que le premier plan d'aide apporté à la Grèce en 2010 s'était soldé par des "échecs notables", en raison de projections de croissances trop optimistes.

"Il y a eu des échecs notables. La confiance des marchés n'a pas été rétablie (...) et l'économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu", a indiqué le Fonds monétaire international dans un rapport évaluant les résultats du plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé à Athènes en échange d'un plan d'économie drastique.

Le Fonds estimait alors que le pays renouerait avec la croissance dès 2012 alors qu'il s'est en réalité enfoncé dans la récession en 2013 pour la sixième année consécutive malgré un deuxième plan d'aide massive au printemps 2012.

Les projections de dette publique grecque publique établies par le Fonds ont elles aussi été dépassées "dans une très large mesure" et n'ont anticipé l'explosion de l'endettement du pays qui pourrait dépasser cette année 170% de son produit intérieur brut, indique l'institution.

Le fonctionnement de la troïka remis en cause

Le FMI, qui reconnaît avoir assoupli ses critères avant d'accorder son aide à la Grèce, estime que le fonctionnement même de la troïka des créanciers qu'il forme avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne a posé des "problèmes pour la conception du programme" grec.

Selon le rapport, "le Fonds était tenu de négocier d'abord avec les pays de la zone euro (...) et ensuite avec les autorités grecques", créant une source d'"incertitude" alimentée par les hésitations européennes.

 Avec le recul, le Fonds assure ainsi que la restructuration de la dette privée du pays, qui a eu lieu en mars 2012, aurait dû être menée dès 2010 mais que cette solution n'était alors pas "politiquement réalisable" en raison de l'opposition des Européens. "L'arrangement au sein de la troïka était inhabituel", souligne le rapport.

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J.M. avec AFP