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Grand Débat : pas de grand soir fiscal

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- - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La restitution du grand débat se fait ce lundi en présence d'Edouard Philippe et d'une partie du gouvernement. Emmanuel Macron devrait rendre ensuite ses arbitrages mi-avril. Une certitude : vu le contexte budgétaire, il ne faut pas s'attendre à des mesures trop coûteuses.

Ce lundi, au Grand Palais, il s'agira surtout de faire un bilan de la méthode, et de restituer les grands sujets qui ont été abordés par les Français lors de cette consultation. Une remontée de terrain, sur laquelle s’appuiera Edouard Philippe pour aller plus loin ce mardi lors d’un discours plus politique à l’Assemblée Nationale. Ensuite, l’Elysée rendra ses arbitrages, a priori mi-avril.

« Edouard Philippe n’est pas là pour augmenter les impôts »

A Matignon, on rappelle que « le Premier ministre n’est pas là pour augmenter les impôts ». Si les Français veulent plus de service public, il faudra faire des économies, et dégager ainsi des marges pour financer les futures décisions.

De son côté, Emmanuel Macron a prévenu : il n'a pas l'intention de sortir à nouveau son chéquier. Heures supplémentaires défiscalisées, hausse de la prime d’activité : il a déjà mis sur la table 10 milliards d’euros en urgence au mois de décembre. « Les Français doivent prendre en compte l’impact du souffle de ces annonces », dit-on dans l’entourage d’Edouard Philippe.

Cette enveloppe a été intégrée à la nouvelle trajectoire budgétaire dont les ambitions, sur la dette et le déficit, ont été revues à la baisse la semaine dernière. Résultat : la marge de manœuvre budgétaire est désormais limitée.

« Pas de grand soir fiscal »

Pour ne pas aggraver la situation, tout nouveau coup de pouce au pouvoir d’achat devra être compensé à l’euro près, nous dit-on à Bercy. Or, à Matignon, on constate aussi que quasiment aucun ministre n’a proposé de faire des économies supplémentaires sur la dépense publique.

C’est là que le bât blesse, car sans effort supplémentaire, il ne faut pas s’attendre à des coups de pouces puissants. Sur les 10 milliards annoncés fin décembre, il y a d’ailleurs 1,5 milliard d’euros d’économie qui n’ont pas été encore détaillées. A ce stade, sur le volet fiscal, ce qui se dessine, c’est surtout un geste vers les classes moyennes. Vu le contexte budgétaire, il ne faut pas s'attendre à un nouveau choc sur les finances publiques. Et Bruno Le Maire lui-même le reconnait : il n'y aura pas non plus de grand soir fiscal…