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Fusion Alstom/Siemens rejetée: Édouard Philippe dénonce une "mauvaise décision"

Le Premier ministre a dénoncé la décision de la Commission européenne d'interdire la fusion entre Alstom et Siemens, prise selon lui "sur de mauvais fondements".

Quelques heures après l'annonce de la Commission européenne d'interdire le projet de fusion entre Alstom et Siemens, le Premier ministre Édouard Philippe a dénoncé une "mauvaise décision" prise "sur de mauvais fondements". 

"La décision de la Commission est une mauvaise décision. C'est un mauvais coup à l'industrie européenne. Elle me semble avoir été prise sur de mauvais fondements", a déclaré Edouard Philippe devant les députés.

"Il faut reconstruire le droit de la concurrence tel qu'il est mis en oeuvre dans l'UE (...) Sachez que la commission n'a pas voulu se poser la question du marché mondial en intégrant l'Asie et la Chine. C'est extravagant. C'est une conception du droit extrêmement datée", a déploré le Premier ministre.

"Faute économique et politique"

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a qualifié le veto de Bruxelles de "faute économique et politique". La décision de la Commission européenne pose la question de "la refondation de la conception du droit de la concurrence de l'Union européenne, qui n'est plus adapté", a-t-il déclaré, précisant que l'hypothèse d'un recours contre le refus n'était "pas tranché". 

Le gouvernement va réfléchir aux "possibilités de consolidation pour Alstom", a également réagi le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. "Ce fleuron français a tout pour réussir, mais il doit se consolider et nous allons réfléchir aux possibilités de consolidation pour Alstom", a ajouté le ministre devant des journalistes au Sénat.

"Alstom reste une très belle entreprise française avec des compétences, des savoirs-faire, des technologies qui sont particulièrement innovantes", a encore souligné Bruno Le Maire, alors que l'incitation à innover fait partie des arguments avancés par la Commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager pour bloquer la fusion, tout comme le maintien de prix avantageux pour les consommateurs. 

Une "initiative germano-française" en préparation

Après cette déconvenue, le ministre allemand de l'Économie Peter Altmaier a fait savoir de son côté que Paris et Berlin prévoyaient une initiative pour reformer les règles européennes de concurrence et faire face à la Chine. 

"Nous sommes convaincus que nous devons repenser et modifier les règles européennes de la concurrence", a-t-il indiqué en annonçant "la préparation d'une initiative germano-française" en la matière, sans toutefois en préciser les contours. 

Paul Louis avec AFP