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François Hollande : "Sur l'emploi, j'accélère"

François Hollande veut inverser la courbe du chômage d'ici un an

François Hollande veut inverser la courbe du chômage d'ici un an - -

Une semaine après son discours de Chalons dans lequel il évoquait une "crise d'une gravité exceptionnelle", le chef de l'Etat a détaillé, dimanche soir sur TF1, son "agenda du redressement" qui doit porter ses fruits d'ici deux ans.

Pendant une demi-heure, dimanche soir, le chef de l'Etat a tenté de reprendre l'initiative sur les dossiers économiques et sociaux.

François Hollande a annoncé un "agenda du redressement" comprenant les principales réformes qui doivent donner des résultats d'ici à deux ans.

Accord donnant-donnant"

L'emploi. C'est sur le dossier de l'emploi que le président compte être le plus présent alors que le chômage a dépassé la barre des 3 millions de personnes. Il a d'abord rappelé les réformes déjà lancées : la mise en place de 100 000 emplois d'avenir dès la fin de l'année et le lancement des contrats de génération. Il a ensuite insisté sur les mesures destinées à financer l'économie et qui doivent aboutir à des créations d'emplois : réforme bancaire et création de la banque publique d'investissement.

Mais François Hollande a reconnu qu'il "fallait faire encore davantage". Dans les prochains jours,le gouvernement remettra aux partenaires sociaux ses propositions pour une réforme du marché du travail. L'objectif est que les entreprises puissent s'adapter en période de difficulté mais sans que les salariés soient pénalisés. Dans l'esprit du président, il doit s'agir d'un "accord gagnant-gagnant" ou "donnant-donnant". 

Si les partenaires sociaux ne se sont pas mis d'accord sur cet accord avant la fin de l'année, le gouvernement fera adopter des mesures de manière unilatérale, a-t-il prévenu.

La compétitivité des entreprises. Toujours en matière d'emploi, François Hollande a visiblement décidé d'accélérer sur la compétitivité des entreprises. Alors qu'une négociation avec les partenaires sociaux devait se dérouler jusqu'au printemps 2013, le chef de l'Etat a annoncé que le gouvernement présentera ses propositions d'ici la fin de l'année.

Une hausse de la CSG est inéluctable, a-t-il reconnu afin d'alléger les cotisations salariales et patronales pesant sur les salaires. Mais la hausse de la CSG ne sera pas la seule mesure : d'autres prélèvements, en particulier écologiques, seront nécessaires.

20 milliards d'impôts nouveaux pour les entreprises et les ménages

0,8% de croissance seulement. François Hollande a demandé au gouvernement de finaliser le prochain budget en revoyant à la baisse la prévision de croissance : elle sera sans doute de 0,8%, a-t-il confié. Avec cette croissance, il faudra trouver 30 milliards d'euros en 2013. " Cela ne s'est jamais vu dans l'histoire de la Veme république", a-t-il lancé.

Impôts nouveaux. Ce budget comportera 10 milliards d'économies, a-t-il confirmé. "Il n'y aura pas un euro de plus dépensé en 2013 par rapport à 2012". Au plan des recettes, 10 milliards d'impôts nouveaux vont être instaurés sur les entreprises. Mais le chef de l'Etat a insisté sur le fait que seules, les grandes entreprises seront touchées par " la suppression des avantages fiscaux accordés sous le quinquennat précédent". "Tous les dispositifs concernant les PME seront conservés", a-t-il promis.

Les ménages touchés. Les entreprises ne seront pas les seules appelées à participer à l'effort de redressement. Les contribuables devront également mettre la main à la poche. Les plus aisés seront touchés par la réforme de l'ISF voire la taxation exceptionnelle à 75% (voir article précédent).

Mais l'impôt sur le revenu sera également touché : le barème de l'IR ne sera pas indexé en 2013, ce qui signifie que la non prise en compte de l'inflation va mécaniquement alourdir la note de tous les contribuables.

Pour éviter que les ménages modestes et moyens ne soient trop touchés, les deux premières tranches du barème se verront appliquer une décote pour atténuer les effets de seuil. Par ailleurs, le président a confirmé que les niches fiscales seront plafonnées.

Patrick Coquidé