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François Hollande: "Ma mission est de redresser la croissance"

Mardi 13 novembre, François Hollande a longuement expliqué et justifié le Pacte de compétitivité

Mardi 13 novembre, François Hollande a longuement expliqué et justifié le Pacte de compétitivité - -

Devant 400 journalistes, et pendant cinquante minutes avant de se prêter au jeu des questions, le président de la République a défendu, ce 13 novembre, l’action de son gouvernement sur un thème, un seul: l’économie.

De questions de société, il n’aura pas été question pendant le discours de François Hollande devant 400 journalistes, dont un quart venant de l’étranger. C’est l’économie qui a été l'unique sujet pendant cinquante minutes.

Le président de la République a ainsi listé les trois défis majeurs de son quinquennat: la refonte de l’Europe, le désendettement de la France, et surtout, ce sur quoi le président a le plus insisté, le travail sur la compétitivité.

En pédagogue, il a d’abord assuré que "derrière ce mot, il y a l’emploi". Selon lui, les plans sociaux à répétition, ne sont que "le symptôme" d’un mal plus profond, "le décrochage productif" de la France.

Le coût du travail n'est pas tout, mais est tout sauf rien

Voilà pour le diagnostic. Vient ensuite le temps de la justification des mesures prises face à ce constat. Le désormais célèbre rapport Gallois. Première promesse pour ceux qui auraient encore des doutes: "Nous commandons un rapport, c’est pour qu’il soit appliqué", souligne le président. Pour preuve, "ça n’a pas tardé, il nous a suffi de 24 heures pour le traduire en acte", affirme-t-il.

Pour François Hollande, l’intérêt de ce pacte, c’est tout à la fois de "donner de la visibilité aux chefs d’entreprises, de la sécurité aux employés, de la stabilité aux investisseurs". Le but visé par l’Etat : "produire plus, et mieux, en France". C’est dans cette optique qu’a également été pensée la Banque publique d’investissement, assure-t-il. Un autre outil, destiné en priorité au financement des PME. Petites et moyennes entreprises à qui le Pacte de compétitivité garantit également "cinq ans la stabilité fiscale".

François Hollande s’est ensuite longuement exprimé sur la polémique soulevée, au sein même de sa majorité, a-t-il admis, sur le crédit d’impôt de 20 milliards aux entreprises. Le pacte, dit-il, est aussi un "exercice de vérité sur le coût du travail qui n’est pas tout, mais qui est tout sauf rien !"

Cette mesure, "à effet immédiat dès le premier janvier", a rappelé le chef de l’Etat, "sera simple, sans aucune formalité administrative". Mais surtout, il est empreint de justice, cette valeur qui préside à chaque décision du gouvernement, martèle le président.

"Les sociétés paieront d’autant moins d’impôts que leur masse salariale sera importante", décrypte-t-il. "Ce n’est pas un cadeau", répond-t-il aux critiques, mais un "pacte de confiance pour favoriser l’investissement, la production en France". C’est du donnant-donnant, et des "contreparties" sont donc prévues, comme par exemple l’entrée "des représentants des salariés dans les conseils d’administration des grands groupes".

Une "refonte de la TVA", pas une "TVA sociale"

Sur le financement de ce dispositif, François Hollande a indiqué qu’il viendrait pour moitié d’une réduction des dépenses, pour l’autre de la TVA, ou plutôt d’une "refonte des taux de TVA", s’est repris, sourire en coin, François Hollande.

Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Et François Hollande ne tolère pas que sa réforme soit assimilée à la TVA sociale, instaurée par Nicolas Sarkozy et abrogée au début du mandat du président socialiste. La différence, assène-t-il, c’est que la hausse de la TVA votée par la droite prévoyait une augmentation du taux normal de 19,6% à 21,2%.

La "restructuration des taux de TVA" du gouvernement Ayrault, donc, le fait passer de 19,6 à 20%. Et ce, pas avant 2014. Donc les Français n’en verront pas leur pouvoir d’achat affecté l’année prochaine. Par ailleurs, insiste le président, les produits de première nécessité vont voir leur taux baisser, de 5,5% à 5%. La TVA restauration, passera elle de 7% à 10%, ce qui selon Hollande, le taux moyen "dans tous les autres pays européens".

Pourquoi n’avoir pas augmenté plutôt la CSG, la première piste envisagée par le gouvernement ? Parce que, dit-il, c’était "prendre le risque de fausser le débat sur l’avenir de la protection sociale". Débat dont il espère qu'il ressortira "un accord historique".

"J’ai fait le choix du redressement, a ainsi conclut François Hollande, qui s’est défendu de toute velléité politicienne en ces termes: "Je prépare le sort d’une prochaine génération, pas d’un nouveau mandat".

Nina Godart