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Un deuxième ex-employé d'Arjowiggins dans la Sarthe se suicide

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- - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Un ex-intérimaire de l’entreprise de papeterie, placée en liquidation en mars dernier, a mis fin à ses jours. C’est le deuxième suicide depuis l’annonce, tandis qu’un autre salarié est mort d’une crise cardiaque le jour du rendu de la décision du tribunal de commerce.

Un ancien intérimaire d'Arjowiggins Papiers couchés de Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe, placée en liquidation judiciaire le 29 mars, a mis fin à ses jours à son domicile d'Aubigné-Racan (Sarthe), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

"Le jeune homme a été retrouvé dimanche matin pendu à son domicile et une autopsie a été ordonnée", a déclaré Philippe Leguet, le maire de cette commune du Haut-Anjou sarthois.

Selon Anne Brodin, membre de l'intersyndicale d'Arjowiggins, "le jeune homme travaillait encore chez Arjowiggins en décembre 2018 au poste de bobineur, et son père était salarié d'Arjowiggins depuis une vingtaine d'années".

"Une zone sinistrée, au milieu de nulle part"

"Comme il était intérimaire, son contrat a certainement été interrompu dès l'annonce du redressement judiciaire au mois de janvier. C'est un drame", a-t-elle déploré, ajoutant qu'un deuxième salarié s'était suicidé en avril et qu'un troisième "était décédé d'une crise cardiaque à son poste de travail le jour de l'annonce du placement de l'entreprise en redressement judiciaire".

"Nous sommes dans une zone sinistrée, au milieu de nulle part, à 50 km du Mans, 60 km de Tours et de Blois. Il n'y a rien et seule une minorité retrouve du travail", a ajouté Anne Brodin. Selon une source proche du dossier, le jeune homme travaillait dans l'entreprise depuis plusieurs années.

Les quelque 580 salariés d'Arjowiggins Papiers couchés de Bessé-sur-Braye ont commencé à recevoir le 17 avril leurs lettres de licenciement. Le tribunal de commerce de Nanterre avait prononcé le 29 mars la liquidation judiciaire d'Arjowiggins Papiers Couchés à Bessé-sur-Braye et la cession partielle de l'usine du Bourray.

N.G. avec AFP