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Transition énergétique: Bruno Le Maire veut que les banques octroient des "prêts verts" à très faibles taux

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, était l’invité de BFM Politique ce dimanche. Il y a annoncé qu'il comptait demander aux banques de mettre en place des "prêts verts" très avantageux, pour permettre aux ménages de patienter le temps de recevoir leur prime à la conversion.

Au lendemain d'une deuxième manifestation d'ampleur des gilets jaunes dont l'une des principales revendications portent sur leur pouvoir d'achat, Bruno Le Maire a dévoilé une mesure qui pourrait selon lui améliorer leur trésorerie. Le ministre de l'Économie, invité de BFM Politique ce dimanche, a plaidé pour la mise en place de "prêts verts" par les banques aux ménages qui attendent leur prime à la conversion.

Ce dispositif consiste en une aide financière de 2000 à 4000 euros pour les Français qui achètent un véhicule neuf ou d'occasion en échange de la mise au rebut d'un vieux véhicule plus polluant. Or cette prime "ne vient que deux trois ou quatre mois plus tard", a souligné Bruno Le Maire.

Des frais de gestion et un taux les plus bas possibles

"Moi je vais demander aux banques dès demain qu’elles mettent en place un prêt vert qui comblera ces mois où les ménages ne touchent pas encore la prime à la conversion, avec des frais de gestion et un taux les plus bas possibles, et la simplicité la plus grande possible."

Plus globalement, le ministre a estimé que "des Français ont le sentiment d’être laissés de côté, il faut les accompagner". C'est pourquoi l'exécutif envisage d'organiser "des débats au plus près du terrain pour entendre la voix de ceux qu’on n’entend plus depuis longtemps". Pour autant, "le cap sera maintenu", a prévenu Bruno Le Maire, mais "l’accompagnement, il faut que nous en discutions".

À propos des gilets jaunes, Bruno Le Maire considère que "cette crise actuelle dépasse de loin la question des carburants: c’est une crise du travail, une crise des territoires, de tous ceux qui ont le sentiment que même en travaillant beaucoup, ils ne s’en sortent pas, que même avec deux salaires, quand il faut faire garder les enfants parce qu’ils se sont éloignés, ils n’y arrivent pas".

Des ventes en baisse de 60 à 80%

Pour le moment, le gouvernement n’est pas en mesure d’estimer le coût pour l’économie des blocages organisés pas les gilets jaunes. "Mais nous voyons bien que beaucoup de distributeurs, de grands magasins sont bloqués, certains déplorent un chiffre d’affaires en baisse de 60-70-80%", a indiqué le ministre.

"Je réunirais demain au ministère de l’Économie et des finances les représentants des commerçants, des artisans, mais aussi les chambres de commerce et d’industrie, le Medef, pour faire avec eux le constat de la situation économique et de l’impact de ce mouvement sur les ventes", at-il ajouté.

Bruno Le Maire compte également y convier les assureurs, à qui il se dit prêt à demander de couvrir ce risque des blocages pour les commerçants qui n’ont pas de protection sur ce sujet.
N.G.