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Notre-Dame: la polémique sur les déductions fiscales est "minable", selon le patron du Medef

Interrogé sur BFMTV sur la polémique au sujet des dons de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, le patron du Medef considère que ces accusations sont ridicules et que sans cela, l'Etat devrait payer 100% des travaux.

Geoffroy Roux de Bézieux ne mâche pas ces mots. Pour le président du Medef, les procès d'intention concernant les dons des grandes fortunes de France pour bénéficier de déductions fiscales sont "ridicules".

"Il y a des gens qui donnent, que n’aurait on entendu s’ils n’avaient pas donné, tout cela est minable", a réagi Geoffroy Roux de Bézieux sur BFMTV, en évoquant un message posté sur Twitter. Il signale une information d'Europe 1 selon laquelle "la famille Pinault ne prendrait pas la déduction fiscale". Et selon lui, s'il n'y avait pas de dons, "l’Etat devrait donner 100%".

Actuellement, les entreprises qui investissent dans la culture peuvent déduire 60% de leurs dépenses en faveur du mécénat (66% de réduction d'impôt sur le revenu pour les particuliers). Cette réduction fiscale peut même atteindre 90% lorsque cela concerne l'achat de biens culturels considérés comme des "trésors nationaux" ou présentant "un intérêt majeur pour le patrimoine national".

Après l'incendie de Notre-Dame, Jean-Jacques Aillaigon, ancien ministre qui a créé cette mesure en 2003 et depuis directeur général de la collection Pinault, a proposé d'étendre la déduction de 90% "à un monument dont les travaux nécessitent des moyens très importants".

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, ce n'est pas une bonne idée. "Le mécénat fonctionne et il n'est pas bon de créer des niches dans l'urgence", mais surtout, le président du Medef estime qu'à 90%, "autant que l’Etat mette tout".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco