BFM Eco

Le Maire n'abandonne pas pour l'instant l'objectif de 120.000 postes supprimés dans la fonction publique

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire - Eric Piermont - AFP

Emmanuel Macron a laissé entendre que sa promesse de supprimer 120.000 postes dans la fonction publique n'était pas immuable. Son ministre de l'Économie précise que le gouvernement n'a pas renoncé à cet objectif.

Le gouvernement n'a pas "renoncé" à son objectif de 120.000 suppressions de postes de fonctionnaires sur l'ensemble du quinquennat, a assuré mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ajoutant que cet engagement serait tenu "si c'est possible".

"Le président de la République n'a pas dit que nous renoncions à cet objectif: il a dit 'nous allons voir dans les trois années (qui viennent) si nous pouvons atteindre cet objectif'", a affirmé Bruno Le Maire, interrogé sur Radio Classique. "Moi, je reste déterminé à ce que nous réduisions la dépense publique, la dette, et que nous tenions nos engagements en matière de réduction du nombre de fonctionnaires. Nous verrons si c'est possible ou non", a poursuivi le ministre.

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, le chef de l'État s'était dit prêt à "abandonner" l'objectif de 120.000 suppressions de postes d'ici à 2022 sur l'ensemble de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale), dans le cas où il ne serait "pas tenable". Cet objectif, engagement de campagne du président, reste "atteignable", a depuis jugé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, le Premier ministre Edouard Philippe assurant de son côté ne pas avoir de "dogme" sur le sujet.

"C'est totalement faux!"

Interrogé sur la politique économique du gouvernement, Bruno Le Maire a par ailleurs contesté mardi tout changement de stratégie depuis la crise des "gilets jaunes".

"J'entends certains qui disent 'vous avez renoncé à la politique de l'offre, c'est scandaleux'. Mais c'est totalement faux! Le président de la République a eu le courage de dire: 'nous avons fait des choix fiscaux, nous les maintenons'", a-t-il assuré, citant la réforme de l'ISF (transformé en impôt sur la fortune immobilière) ou du CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi, transformé en baisse de charges pérenne). "J'entends l'opposition dire que nous avons changé de pied, alors que nous avons eu le courage de maintenir la même direction malgré la tourmente [...] Ça mérite d'être salué", a-t-il insisté, tout en reconnaissant un "point noir" sur "la dette".

En raison des mesures d'urgence annoncées en décembre, mais aussi de l'abandon de la hausse de la taxe carbone prévue, l'exécutif a revu nettement à la baisse ses ambitions en matière de réduction du déficit et de la dette publique d'ici à 2022. Selon Bercy, le déficit devrait atteindre 1,2% du PIB en 2022, au lieu du retour à l'équilibre initialement annoncé. La dette, de son côté, devrait passer de 98,4% du PIB l'an dernier à 96,8% en 2022, loin des 92,7% jusque-là prévus.

Jean-Christophe Catalon avec AFP