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Le gel des tarifs bancaires en 2019  profitera-t-il vraiment aux Français?

"Le gel des tarifs bancaires pour 2019 ne va pas changer la vie des Français puisque les banques avaient prévu des hausses raisonnables de tarifs en 2019" explique le site Panorabanques.com.

"Le gel des tarifs bancaires pour 2019 ne va pas changer la vie des Français puisque les banques avaient prévu des hausses raisonnables de tarifs en 2019" explique le site Panorabanques.com. - Philippe Lopez-AFP

En décidant de ne pas augmenter leurs tarifs en 2019, les banques françaises n'ont fait qu'une petite concession. Selon le comparateur Panorabanques, les clients économiseront en moyenne moins d'un euro. Le plafonnement à 25 euros/mois des frais d'incidents devrait être plus favorable pour le pouvoir d'achat des plus modestes.

Les Français ont-ils des raisons de se réjouir du gel des tarifs bancaires en 2019 annoncé la semaine dernière? À l'issue d'une réunion exceptionnelle à l'Élysée, le 11 décembre, les banques s'étaient engagées sur la non augmentation des tarifs bancaires pour les particuliers en 2019 et sur le plafonnement des frais d'incident bancaire. Ces engagements ont été évalués à 500 voire 600 millions de pouvoir d’achat redistribués au bénéfice des Français. Qu'en est-il réellement ?

Selon le comparateur en ligne Panorabanques.com, le gel des tarifs en 2019 se traduira par de maigres économies pour les clients des banques. Ce site internet s'est appuyé sur l'étude des tarifs ayant déjà été communiqués par les banques (même s'ils ne seront pas appliqués l'an prochain) pour chiffrer l'impact de la mesure.

"Les hausses de tarifs prévues étaient raisonnables"

"Ce gel des tarifs bancaires pour 2019 ne va pas changer la vie des Français puisque les banques avaient prévu des hausses raisonnables de tarifs en 2019" souligne Laure Prenat, directrice générale de panorabanques.com.

Ayant analysé les tarifs de 70 établissements, représentant près de 60% des Français bancarisés, ce comparateur a estimé que les clients de ces banques auraient dû payer 195,20 euros de frais bancaires annuels, alors que grâce au gel des tarifs, ils n'en paieront finalement que 194,30 euros, "soit une économie de 0,90 euros (0,5%) pour un profil bancaire classique."

En revanche, l'autre grande mesure annoncée par les banques -le plafonnement des frais d’incidents bancaires à 25 euros par mois (300 euros par an) pour les populations les plus fragiles- devrait générer un peu plus de gain en pouvoir d'achat. La Banque de France estime que la mesure pourra bénéficier à 3,6 millions de personnes. Quelques semaines auparavant, Bruno Le Maire avait déjà demandé aux banques un plafonnement des frais bancaires à 200 euros par an pour les clients les plus fragiles (mesure envisagée qui n'était pas contraignante).

Le coût des rejets de chèque, de 30 à 50 euros

Le sujet des frais d'incidents bancaires pour les personnes les plus fragiles économiquement est déjà revenu sur le devant de la scène publique, à plusieurs reprises récemment.

"En cas d’insuffisance de provision, un même compte peut avoir dans un même mois plusieurs rejets de prélèvement supérieurs à 20 euros (loyer, abonnement transport, énergie, téléphone, mutuelle santé, impôts…), donc facturés potentiellement 60, 100 euros, montant qui peut être doublé en cas de nouvelles présentations des prélèvements impayés. À cela, il faut ajouter les éventuels rejets de chèques de 30 euros ou 50 euros selon le montant du chèque" expliquait le dernier rapport 2018 sur les frais d'incidents bancaires du comité consultatif du secteur financier.

Par ailleurs, il y a quelques mois, une enquête de 60 millions de consommateurs avait révélé que certaines banques facturaient des frais de découvert "illicites".

Frédéric Bergé