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La justice donne raison à Airbus pour avoir licencié un cadre qui avait fait marcher des salariés sur du verre pilé

Ce manager a été licencié pour avoir demandé à ses équipes de marcher sur du verre pilé lors d'une "team building' - Photo d'illustration

Ce manager a été licencié pour avoir demandé à ses équipes de marcher sur du verre pilé lors d'une "team building' - Photo d'illustration - CC

Lors d'une session de "team building", un salarié a refusé de marcher pieds nus sur du verre pilé. Son manager a été licencié pour l'avoir mis en danger. Le cadre a contesté son renvoi qui vient d'être confirmé par la cour de cassation.

La session de "team building" a mal tourné: ce cadre d'Airbus pensait souder son équipe en la faisant marcher sur du verre pilé. L'affaire se déroule en décembre 2014, explique la Revue Fiduciaire. Pour créer un esprit de corps lors d'un stage de motivation, un cadre d'Airbus a eu une idée surprenante. Les participants devaient casser une bouteille enroulée dans un tissu avant de marcher pieds nus sur les morceaux de verre. Tous l'ont fait, sauf un qui est "sorti de la salle en larmes", puis a été sommé d'expliquer en public les raisons de son refus. Il a été contraint d'annoncer à ses collègues qu'il "était porteur d’une pathologie". Certains sont tombés en larme en écoutant cette confession.

Un licenciement "sans cause réelle et sérieuse"?

Dès le lendemain, le salarié fait part de sa mésaventure au médecin du travail, ainsi qu'aux responsables RH en expliquant qu'il craint des représailles de son manager pour s'être désolidarisé du groupe. La direction lance un enquête interne. Le cadre se défend en précisant que cette expérience sans danger n'était pas contrainte.

Les participants confirment, mais précisent que "certains ont estimé devoir être obligés de participer sous la pression du groupe et qu’il était évident qu’il y avait des risques de coupures". L'enquête prend fin le 21 janvier 2015. Un mois plus tard, soit plus de deux mois après les faits, Airbus notifie le licenciement du manager pour faute grave. Il conteste cette sanction "sans cause réelle et sérieuse".

Il estime que le délai entre les faits et le licenciement est trop long, mais aussi que le prestataire qui a organisé l'épreuve de marche sur du verre pilé est référencé par Airbus. Selon lui, "l’employeur qui exige du salarié qu’il supervise une activité à risque ne peut lui reprocher la réalisation de ce risque dans le cadre de cette activité organisée dans les conditions qu’il a imposées".

Il y a quelques jours, la cour de cassation a rendu son avis. Elle confirme le licenciement pour faute en rappelant aux managers leurs responsabilités. Selon l'article L4122-1 du code du travail: "Il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail". 

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco