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Jean-Hervé Lorenzi: "Six mois après l'élection présidentielle, on va se dire qu'il faut revenir dans les clous"

A l'occasion des Rencontres d'Aix, le président du Cercle des économistes Jean-Hervé Lorenzi estime qu'il faudra "arrêter de dépenser à tire-larigot".

Mesures d'amortissement, creusement du déficit et de la dette publique... La France a dépensé sans compter depuis le début de la crise du covid avec des résultats concrets sur le front de l'emploi et des entreprises.

Mais pour Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, on ne pourra évidemment pas continuer comme ça et l'atterrissage est d'ailleurs déjà programmé.

"Je pense que l'évolution se fera dans le sens d'un rééquilibrage et vous verrez, comme toujours, six mois après l'élection présidentielle, on va commencer à se dire, il faut revenir dans les clous", estime-t-il dans Good Morning Business ce vendredi à l'occasion des 21e Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

"Etre dans les clous ça veut dire, arrêter de dépenser à tire-larigot. Les banques centrales vont commencer à baisser leurs bilans et là, on rentre dans une période qui est difficile. Difficile de savoir comment on va le faire, et quels seront les impacts", poursuit-il.

"Trop de métiers très mal payés"

C'est bien l'étape d'après qu'il faut préparer aujourd'hui. "Il y a deux sujets, la manière de sortir d'un dispositif euphorisant, c'est un sujet compliqué, et il y aura un deuxième plan (de relance, NDLR). Je ne vois pas le président de la République actuel ne pas remettre un peu d'huile dans les rouages. On aura ça en janvier ou février".

"Deuxième sujet, il faut absolument arriver à faire que les conditions de travail, la manière dont la société française se remet dans la conjoncture mondiale avec suffisamment d'appétence, il faut le traiter, on ne le fait pas aujourd'hui. Car il y a des tas de métiers qui sont très mal payés. Vous prenez la restauration: pourquoi 100.000 jeunes ne veulent plus y aller? Simplement parce que c'est difficile et que c'est mal payé", souligne Jean-Hervé Lorenzi.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business