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Hausse de l'électricité: le régulateur se justifie avant une éventuelle nouvelle augmentation en août

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Le président de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), Jean-François Carenco, a expliqué que la hausse des tarifs se justifiait par une volonté de préserver la sécurité, la qualité et le prix de l'électricité à moyen et long terme.

La hausse de près de 6% des tarifs réglementés de l'électricité entrée en vigueur ce samedi 1er juin est loin de faire de l'unanimité, d'autant plus que se profile une éventuelle nouvelle hausse de 1% dès le mois d'août à venir. Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), s'est expliqué ce samedi au micro d'Europe 1

"Je comprends bien la difficulté, 5,9% ça reste 85 euros par an, 7 euros par mois, c'est beaucoup (...) mais ça me semble un tarif qui permet de préserver les 3 choses que je poursuis: sécurité, qualité et prix à moyen et long terme" de l'électricité.

"L'énergie dans le monde a augmenté considérablement"

Selon Jean-François Carenco, la hausse du prix de l'énergie sur les marchés internationaux "représente 3,3% sur les 5,9%" d'augmentation des tarifs. "Sur l'année 2018, l'énergie dans le monde a augmenté considérablement. Elle est passée à 61 euros (par mégawattheure - MWh) en décembre alors qu'elle avait été jusqu'à 25 euros".

"Le deuxième poids, c'est la sécurité des approvisionnements", selon le président de la CRE, qui évoque la mise en place de certificats de capacité qui visent à ce que la France voie ses approvisionnements en électricité sécurisés. 

"La France bénéficie d'un système dans lequel les coupures sont extrêmement rares", au maximum une heure par an, alors que "dans beaucoup de pays du monde il s'agit d'avoir 3 heures d'électricité par jour. La sécurité a un prix, c'est ce que nous essayons de traduire", indique-t-il.

"La concurrence est là pour faire de l'innovation" 

Le troisième élément, "c'est la problématique de l'Arenh", le dispositif qui permet aux opérateurs alternatifs comme Engie, Total Direct Energie ou Eni, d'acheter une partie de la production nucléaire d'EDF à prix fixe.

"On dit partout que la concurrence en électricité, ça doit faire baisser les prix. Ma conviction c'est que ce n'est pas exact, la concurrence est là pour donner des produits nouveaux, pour faire de l'innovation. Globalement, à l'arrivée, elle a des prix à peu près comme EDF", assure Jean-François Carenco.

Enfin, "il nous faut préparer l'avenir, payer la transition énergétique en France, pays qui émet pour son électricité le moins de carbone au monde grâce au nucléaire". Mais, pour cela, il faut "faire baisser doucement le nucléaire, au fur et à mesure que cela est possible en préservant la sécurité et le prix".

Vers une nouvelle hausse en août? 

L'association de défense des consommateurs (CLCV) et l'UFC-Que Choisir ont annoncé vendredi une saisine du Conseil d'Etat pour faire annuler cette hausse. "Leur action est légitime. Ce qui n'est pas très légitime c'est de dire que la CRE fait des choses illégales", a commenté président de la CRE. 

Mais les consommateurs ne sont peut-être pas au bout de leur peine. Les prix pourraient en effet connaître une nouvelle hausse d'environ 1% au 1er août 2019. Une augmentation qui s'expliquerait par les coûts de transport de l'électricité. Interrogée sur le sujet par Franceinfo vendredi, Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a déclaré "qu'il ne serait pas souhaitable" qu'une telle hausse s'applique. 

Pauline Dumonteil avec AFP