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Gilets jaunes: les sociétés d'autoroutes veulent faire payer ceux ayant bénéficié des "péages gratuits"

Vinci autoroutes et APRR chercheraient à récupérer les péages non-perçus auprès des conducteurs de véhicules identifiés n'ayant pas payé leur péage à cause des opérations "barrière levée" des gilets jaunes.

Vinci Autoroutes n'a pas renoncé à récupérer une partie du montant des recettes perdues lors d'opérations "péages gratuits" menés par les gilets jaunes sur son réseau. Le concessionnaire indique que les conducteurs "qui n’ont pas pu s’acquitter de leur péage » du fait des actions menées par les Gilets jaunes devraient "payer le péage correspondant à leurs trajets". "On va prochainement écrire aux personnes que l'on a pu identifier" précise Vinci Autoroutes, interrogé par le quotidien régional Le Dauphiné.

Comment fera le concessionnaire d'autoroutes? En consultant les enregistrements vidéo des caméras dont sont équipées les barrières de péage et en comparant ces images lorsqu'elles auront pu saisir les plaques d'immatriculation avec le fichier des cartes grises auquel les sociétés d'autoroute ont accès.

250 sites de Vinci Autoroutes impactés depuis un mois

Depuis le début du mouvement social des gilets jaunes, la plupart des sociétés d'autoroutes ont été la cible de multiples actions consistant à lever les barrières pour permettre aux automobilistes d'accéder "gratuitement" aux réseaux payants.

Hier dimanche 16 décembre, la filiale du groupe Vinci (très présente dans le sud de la France) affirmait sur son site internet, "depuis le début du mouvement des gilets jaunes, il y a un mois, près de 250 sites sont ou ont été impactés quotidiennement par des actions de filtrage, de blocage et d’entrave à la libre circulation menées au niveau des échangeurs autoroutiers et sur les voies de circulation". 

La société APRR chercherait à récupérer les péages non perçus

Vinci a par ailleurs estimé à "plusieurs dizaines de millions d'euros" l'ensemble des dégâts occasionnés par ces attaques délibérées, facture à laquelle s'ajoutent les pertes des recettes sur les péages non-perçus.

Elle ne serait pas non plus la seule société d'autoroutes à vouloir récupérer une partie du manque à gagner causé par les opérations "barrière levée".

"La société APRR, dont le péage de Saint-Quentin-Fallavier, sur l’A43, est devenu l’un des lieux de rassemblement favori, a même décidé de faire la traque à tous les automobilistes qui sont passés sans payer" explique le quotidien régional Le Progrès.

Il n'en reste pas moins que, si le nombre d'automobilistes à franchir les barrières de péage sans payer est très important, il peut paraître très compliqué pour les concessionnaires d'autoroutes d'identifier chaque voiture, même si, en théorie, chaque usager qui ne s'acquitte pas de la somme due est en infraction.

F.Bergé