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Gilets jaunes: "les commerçants en ont vraiment ras-le-bol"

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- - Alain JOCARD / AFP

Les associations de commerçants et les élus des centre-villes touchés par les manifestations des gilets jaunes expriment, dans l'émission BFM Story, leurs inquiétudes quant aux conséquences désastreuses des journées de mobilisation sur leur activité.

Les gilets jaunes en sont à leur 13ème semaine de mobilisation et l'impact sur l'économie française est déjà considérablement négatif. Selon l'Insee, les perturbations liées au mouvement auraient fait perdre 0,1 point de PIB à la France, et à 0,2 point selon la Banque de France, comme l'a rappelé lundi Laurent Neuman, éditorialiste pour BFMTV. Et les élus des grandes villes comme les organisations de commerçants montent au créneau pour arrêter ce qu'ils considèrent comme un désastre pour leur activité. 

"Les commerçants en ont vraiment ras-le-bol aujourd'hui, ils ne sont pas jaunes, ils sont rouge écarlate", alerte Marcel Benezet, président de la branche cafés bars du GNI-Syndhorcat, un syndicat des patrons de l'hôtellerie et de la restauration. "Il y a des gens qui ont été pillés, qui ont été dévastés, qui n'ont pas de recettes, qui ont des factures et qui ne peuvent pas les payer", ajoute-t-il. 

Un "désastre économique" et une mauvaise image envoyée "aux touristes du monde entier"

Christian Baulme, président de l'association la ronde des quartiers à Bordeaux, souligne le fait que dans sa ville, la journée du samedi représente 60% du chiffre d'affaire pour les commerçants. Les 13 samedis consécutifs de mobilisation ont donc fortement pénalisé le chiffre d'affaires des commerçants bordelais, d'autant plus que la fin d'année représente Il évoque même des "premiers dépôts de bilan qui arrivent". 

"C'est un désastre économique", surenchérit Marcel Benezet. "Les touristes désertent la capitale, il y a des hôtels 4 étoiles, des palaces qui sont à moitié vides à Paris", regrette-t-il, soulignant ainsi que la fait que la clientèle de ces hôtels de luxe consommait beaucoup dans les différents commerces de la ville. 

"C'est l'attractivité commerciale de la capitale, son image vis-à-vis des touristes du monde entier qui est actuellement en cause", avertit Jean-Pierre Lecoq, maire LR du 6ème arrondissement de Paris.

Les images, parfois violentes, des manifestations des gilets jaunes auraient ainsi un impact direct sur la fréquentation des hôtels parisiens. "Il y a urgence", selon l'élu parisien qui réclame "une sortie politique" rapide à la crise des gilets jaunes, qui permettrait ainsi de stopper l'hémorragie pour les commerces de la capitale et l'activité économique du pays.

Hugo Baudino