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Emmanuel Macron ne reviendra pas sur la réforme de l'ISF mais prévoit une évaluation en 2020

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Le chef de l'État ne remettra pas en cause la transformation de l'ISF en impôt sur la fortune immobilière.

Pas de marche arrière sur la transformation de l'ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Emmanuel Macron a défendu jeudi, lors de sa conférence de presse post grand débat national, cette réforme adoptée dès le début de son quinquennat. Cette mesure a été souvent très critiquée par une partie de l'opposition, lors du grand débat et lors des manifestations des gilets jaunes. 

À ses yeux, il s'agit d'une "réforme pour produire, pas une réforme pour les plus fortunés". Il a toutefois souligné que la suppression de l'ISF serait "évaluée en 2020". 

Pour le président de la République, cette réforme relève du "simple pragmatisme" et a été mise en place "pour encourager l'investissement en direction de l'économie réelle, de la recherche, des usines, de la production". 

"Parce que s'il n'y a pas d''investissement national, il n'y a pas d'économie. Ou alors, il y a une économie qui se vend aux investisseurs étrangers. Et notre pays y est ô combien sensible. Cette partie de la réforme, je juge de mon devoir de la défendre. Et elle relève du simple pragmatisme. Mais comme c'est une réforme pragmatique, elle sera évaluée en 2020. Et nous regarderons son efficacité. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons. Si elle est trop large, qu'elle a des effets pervers, ils seront corrigés", a-t-il par ailleurs expliqué. 

Depuis le 1er janvier 2018, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) a remplacé l'ancien impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Ce prélèvement s'applique désormais uniquement aux contribuables dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d'euros. Les autres actifs (assurance-vie, actions, comptes d'épargne...) ne rentrent plus dans l'assiette taxable. En 2018, l'IFI a rapporté 1,25 milliard d'euros, selon Bercy. Lors de sa dernière année d'application en 2017, l'ISF avait de son côté généré 4,1 milliards d'euros de recettes fiscales.

Jean-Louis Dell'Oro avec AFP