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Contreparties aux aides: Édouard Philippe élargit sa proposition aux "acteurs économiques"

Le Premier ministre Edouard Philippe.

Le Premier ministre Edouard Philippe. - JACQUES DEMARTHON - AFP

Devant les députés, le Premier ministre a défendu sa proposition de renforcer les contreparties aux aides sociales et que cette question des contreparties pouvait aussi valoir pour les aides aux "acteurs économiques".

Le Premier ministre Édouard Philippe a défendu mardi sa proposition controversée de renforcer les "contreparties" aux aides sociales, malgré des remous dans la majorité LREM et des attaques à gauche.

Accusé d'aller dans le sens des attaques de son ancien parti des Républicains contre "l'assistanat", le chef du gouvernement a élargi sa proposition formulée vendredi dans le Finistère, en soulignant qu'elle pouvait aussi valoir pour les aides "aux acteurs économiques".

"Se poser la question des contreparties aux versements -soit liés à l'aide sociale, soit liés à la solidarité, soit liés à des politiques publiques qui permettent d'accompagner le développement de tel ou tel acteur, y compris économique- est une bonne question", a affirmé le Premier ministre devant les députés. "Il n'est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs", s'est-il défendu.

Des réticences jusque dans les rangs de la majorité

L'idée de débattre de "contreparties" aux aides sociales, sujet qu'il a lui-même qualifié d'"explosif" lors d'une déclinaison du "grand débat" vendredi dans le Finistère, a fait vivement réagir mardi à l'Assemblée nationale. Les propos d'Édouard Philippe ont suscité des réticences jusque dans les rangs de la majorité, notamment au sein de son aile gauche. Brigitte Bourguignon (LREM), a ce week-end appelé à "arrêt(er)" de reprendre "les propositions de Laurent Wauquiez et des tenants du 'cancer de l'assistanat'". Le Premier ministre a en revanche reçu des soutiens à droite.

La ministre des Solidarités Agnès Buzyn avait jugé dimanche que "tout le monde ne pouvait pas retourner vers l'emploi". La question posée par Édouard Philippe est "une question que tout le monde peut se poser et qui figure dans le grand débat national", a-t-elle pointé mardi à l'Assemblée, tout en rappelant les efforts pour augmenter le nombre de bénéficiaires effectifs du RSA, dont 30% des ayants droits ne font pas la demande.

Jean-Christophe Catalon avec AFP