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Formation, assurance-chômage: Muriel Pénicaud veut une loi "pour avril prochain"

La ministre du Travail était l'invitée de BFMTV ce mardi. Alors que l'exécutif va recevoir jeudi les partenaires sociaux pour aborder les chantiers de la formation, l'apprentissage et l'assurance-chômage, elle a indiqué que la loi découlant de cette concertation devrait être présentée en avril 2018 au Parlement.

Emmanuel Macron va lancer le deuxième grand round des concertations sociales, le premier ayant abouti aux ordonnances pour réformer le marché du travail. Jeudi et vendredi, le président de la République va ainsi recevoir les partenaires sociaux pour évoquer les thèmes de la formation, l'apprentissage et l'assurance-chômage.

Invitée de BMFTV ce mardi, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a indiqué que la méthode de concertation resterait la même qu'avec les ordonnances sur la réforme du code du travail, avec une nuance.

"Une partie de la méthode est la même c'est-à-dire que le président de la République reçoit les partenaires sociaux, écoute leurs propositions et leurs avis. Ensuite le Premier ministre et moi recevons les partenaires sociaux, ensuite je prends le relais avec mes équipes auprès des partenaires sociaux et des régions et là c'est un élément de méthode différent car la formation professionnelle et l'apprentissage sont aussi une compétence des régions", a-t-elle développé.

Une loi pour avril

La ministre a ensuite indiqué que ces trois sujets (formations, apprentissage, assurance-chômage) "vont aboutir à un projet de loi qui sera soumis en avril prochaine au Parlement".

Cette loi doit ainsi permettre de nombreuses mesures notamment d'élargir l'assurance-chômage aux salariés démissionnaires. Une mesure qui pourrait coûter jusqu'à 14 milliards d'euros la première année, selon des chiffres qui ont circulé dans la presse, en raison des "effet d'opportunités", c'est-à-dire des salariés qui n'auraient pas démissionné sans l'indemnisation.

Interrogée, la ministre a refusé de "commenter des chiffres fantaisistes qui arrivent dans la presse". Elle a préféré mettre en avant la nécessité de faire cette réforme. "C'est aussi un acte de liberté (pour les démissionnaires, NDLR): savoir qu'on puisse par moment avoir la liberté de changer de métier, d'entreprise de géographie en ayant une sécurité. Cela contribue à la mobilité du marché du travail et à la liberté de chacun", a-t-elle déclaré.

Une appli pour faciliter l'accès à la formation

Par ailleurs, Muriel Pénicaud a expliqué vouloir créer une application spécifique sur la formation professionnelle, rappelant que la qualification "est ce qui fait la différence: à Bac +2 et plus, il n'y a que 5% de taux de chômage".

"Ce que je souhaite faire c'est que chaque Français, chaque salarié puisse avoir sur une appli facile d'accès ses droits à la formation, savoir combien d'heures il a, et connaître combien cela coûte", a-t-elle déclaré. Et surtout savoir quelles sont les formations disponibles "pour avoir une promotion, pour changer d'entreprise, pour trouver un emploi" ainsi que connaître "le taux d'insertion de l'emploi" via cette formation.

Interrogée par ailleurs sur les conséquences de l'affaire Business France, dans lequel son nom est cité, elle a affiché son calme. "Je suis très sereine, je fais confiance à la justice" avant d'ajouter "je serai la ministre qui fera passer ces lois (sur la formation et l'assurance-chômage, NDLR).

J.M.