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Taxis, salaires, voitures de fonction... La Cour des comptes tacle Bpifrance

Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, défend la politique de rémunération de son institution

Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, défend la politique de rémunération de son institution - Thomas Samson - AFP

Dans un rapport dévoilé par Le Point ce jeudi 20 octobre, la Cour des comptes épingle la politique de rémunération de la Banque publique d'investissement ainsi que le recours un peu trop fréquent de ses cadres aux taxis.

C'était l'une des grandes promesses du candidat Hollande: créer une banque publique d'investissement qui financerait les PME. Une promesse tenue puisque Bpifrance a effectivement vu le jour le 31 décembre 2012.

Cette nouvelle institution a-t-elle bien joué son rôle? Oui, estime la Cour des comptes dans un rapport dévoilé par Le Point ce jeudi 20 octobre. Le magazine relève que, sur les missions et les réalisations de Bpifrance, le constat des Sages de la rue Cambon est "encourageant".

Des frais de taxis somptuaires

En revanche, la Cour épingle clairement Bpifrance sur son fonctionnement. Plusieurs abus sont ainsi soulignés. Tout d'abord, le coût des véhicules de fonction: 6,6 millions d'euros pour la seule année 2015. Pas moins de 604 salariés (sur 2.000) bénéficieraient d'une automobile. Le Point explique que chez BPI Investissement, l'une des deux entités du groupe public avec BPI Financement, la décision d'attribution d'une voiture de fonction relève du seul supérieur hiérarchique.

Mais malgré cette politique pour le moins généreuse, les cadres de Bpifrance ont énormément recours aux taxis. Les courses commandées par neuf des dix directeurs exécutifs de la banque représenteraient en moyenne 530 euros par mois.

Enfin, la Cour des comptes met en cause la politique de rémunération de la banque publique d'investissement. La masse salariale aurait ainsi augmenté de 25% chez BPI Investissement. Les 28 cadres dirigeants ont, eux, bénéficié de confortables augmentations; +15% en 2014, +23% l'année suivante. Leurs émoluments moyens sont ainsi passés de 201.000 à 245.000 euros par an.

Des augmentations "contestables"

Du côté de BPI Financement, les 42 cadres supérieurs ont vu leur rémunération moyenne passer de 107.000 euros à 149.000 euros, soit une hausse de 40%, entre 2012 et 2015. Le Point ajoute, par ailleurs, que 7 des 8 cadres les plus hauts placés dans la hiérarchie de Bpifrance ont eux aussi connu une hausse salariale de 40% entre 2012 et 2017. "Les augmentations des rémunérations de certains cadres dirigeants paraissent tout particulièrement contestables dans leur principe", conclut la Cour des comptes.

Interrogé par Le Point, le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq défend son institution. "Mon comité exécutif est en moyenne moins rémunéré que celui de la SNCF, la Poste et EDF", assure-t-il. Quant aux frais de taxis, il assure que cela ne lui pose "aucun problème" car ses cadres "travaillent même le week-end". "Je trouve ahurissant que la Cour s'intéresse à ces histoires de taxis", déplore-t-il.

J.M.