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SNCF: face-à-face ce lundi entre les syndicats et le Premier ministre

Édouard Philippe Philippe recevra les syndicats représentatifs à la SNCF à tour de rôle, ce lundi 7 mai.

Édouard Philippe Philippe recevra les syndicats représentatifs à la SNCF à tour de rôle, ce lundi 7 mai. - Vincent Loison-AFP-POOL

A la veille d'un huitième épisode de deux jours de grève à la SNCF, les syndicats de cheminots hostiles à la réforme ferroviaire sont reçus les uns après les autres ce lundi 7 mai par Édouard Philippe. Si celui-ci entend rester ferme sur l'architecture de la réforme, le Premier ministre abordera d'autres thèmes comme la reprise de la dette.

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF seront reçus ce 7 mai à Matignon pour y rencontrer le chef du gouvernement, alors que débutera le 8 mai, le huitième épisode de la grève entamée le 3 avril 2018. Édouard Philippe recevra les syndicats à tour de rôle dans "un état d'esprit très ouvert et en même temps très ferme", car "cette réforme est nécessaire pour améliorer la qualité de service ferroviaire", a-t-il averti à l'issue d'un séminaire gouvernemental dans le Cher, le vendredi 4 mai. Les points non-négociables de la réforme ferroviaire, concerne la fin de recrutement au statut de cheminot, l'introduction de la concurrence et la réorganisation de la SNCF. 

En revanche, "Il y a encore des sujets à discuter comme les modalités de reprise de la dette" du groupe par l'État, une "question extrêmement importante" à voir "pas simplement avec les organisations syndicales", mais aussi "avec la direction de la SNCF", les associations d'usagers, députés et sénateurs. Il restera à savoir si le Premier ministre prendra des engagements précis sur les modalités de la reprise de la dette du groupe public.

La CGT-Cheminots veut des clarifications "en direct"

Du côté syndical, la CGT-Cheminots campe sur sa position: "on voit bien qu'on n'est pas dans la conclusion du conflit", qui est entré dans son deuxième mois, puisque Édouard Philippe "reste sur des positions extrêmement dures", mais les cheminots sont "déterminés à aller au bout", a prévenu Laurent Brun (CGT Cheminots) la semaine dernière.

Les syndicats "demandent l'organisation de tables rondes de négociations tripartites avec la présence du patronat" pour "clarifier le projet du gouvernement de manière réelle", qu'"on règle les questions en direct" au lieu de rester "dans le flou" et de renvoyer des dossiers à "plus tard", a expliqué le secrétaire général de la puissante CGT Cheminots. "Toutes les questions de financement sont dans le flou" a-t-il ajouté, espérant notamment que la question clé de la reprise de la dette de la SNCF soit clarifiée.

Et pour le transfert d'agents SNCF dans d'autres entreprises après l'ouverture à la concurrence, "on nous annonce des règles vagues et tout est renvoyé à un futur décret d'application", a-t-il dénoncé.

La convention collective du ferroviaire reste à négocier 

L'Unsa ferroviaire (2e syndicat) dira "avec véhémence" au Premier ministre qu'il sera "impossible" de "négocier une convention collective du secteur ferroviaire digne de ce nom" avant le 1er janvier 2020, une date "vraiment prématurée", a critiqué son secrétaire général, Roger Dillenseger. "Dix-huit mois, c'est juste insuffisant" et l'UTP (Union des transports publics et ferroviaires, organisation patronale) juge aussi ce délai trop court, selon lui. Enfin, SUD-Rail (3e) refusera de négocier "des accompagnements" au projet gouvernemental, dont il réclame "le retrait", et organise une manifestation lundi matin à Paris, devant les Invalides.

Avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne, Édouard Philippe recevra aussi FO (5e syndicat à la SNCF), les dirigeants de la SNCF, l'UTP et des représentants des régions et des usagers. Les responsables confédéraux accompagneront les délégations syndicales cheminotes lors de ce round de discussions. "S'il nous invite, j'espère que c'est pour nous dire quelque chose", a relevé Philippe Martinez, le leader de la CGT.

"En cas d'échec" à Matignon, les syndicats lanceront une "journée sans cheminots, sans train" le 14 mai, a rappelé la CFDT Cheminots (4e syndicat à la SNCF), qui veut "une profonde et sincère négociation" pour "sortir de l'impasse".

F.B avec AFP