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Plan d'économies: une réforme santé qui se fait attendre

Les dépenses d'assurance maladie ont atteint 174,1 milliards d'euros en 2013.

Les dépenses d'assurance maladie ont atteint 174,1 milliards d'euros en 2013. - -

Les dépenses de santé font partie des poches d'économies importantes voulues par le gouvernement, puisqu'elles contribuer à hauteur de 10 milliards. Mais le manque d'ambition des réformes prévues risque de rendre cet objectif difficile à atteindre.

Manuel Valls a dévoilé, le 16 avril, les grandes lignes de son plan destiné à économiser 50 milliards d'euros sur trois ans. Le Premier Ministre a ainsi annoncé que 10 milliards d'économies seront réalisées sur les dépenses de santé et 11 milliards sur les autres dépenses de la sécurité sociale.

Mais à entendre Guy Vallancien, chirurgien, professeur à l'université Paris Descartes, spécialiste de l'économie de la santé, les objectifs affichés seront difficiles à atteindre car les réformes prévues manquent d'ambition.

"Il n'y a pas de remise en question du système global de la protection sociale et du système de santé" regrette-t-il.

Dans son discours, le Premier ministre a seulement évoqué une meilleure optimisation du parcours du patient au sein du système de soins. Le gouvernement compte aussi beaucoup sur la chirurgie ambulatoire, tout comme le recours plus systématique encore des médicaments génériques.

"Il faudrait nous parler de la réorganisation du système. On ne nous parle même pas vraiment d'économie, il s'agit plutôt de limiter le gachis" estime Guy Vallancien. Car les l'Assurance Maladie est parvenue a enrayer l'hémorragie des hausse des dépenses ces dernières années. Les dépenses d'assurance maladie ont atteint 174,1 milliards d'euros en 2013, soit 1,4 milliard de moins que prévu à l'origine. Mais elles continent néanmoins de progresser , avec une hausse de 2,4% en 2013.

Appliquer une logique industrielle aux laboratoires

"On a un problème en France, on dépense en matière de médicament 115 euros par an, l'Allemand en dépense 70", constate-t-il.

Autre source de dépenses à raisonner : les examens biologique et d'imagerie. "Il faut concentrer les biologistes, en Allemagne par exemple, pour 80 millions d'habitants, il y a 80 labos. En France on en a encore des milliers" explique Guy Vallancien.

Outre-Rhin, les laboratoires ont atteint un niveau industriel avec toutes les économies que l'on peut attendre d'un tel système, notamment au niveau de la logistique.

"Vous envoyez votre prélèvement de là où vous êtes et vous recevez vos résultats par Internet. Ce sont des machines à gagner parce que les procédures sont hyper sécurisées " ajoute-t-il. Le même processus devrait être appliqué aux examens d'imagerie médicale qui permettrait ainsi de rationaliser les équipements.

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