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Philippe Marini (UMP): "la France est un quémandeur" sur les déficits

Philippe Marini a expliqué que la réduction des déficits est un enjeu de "souveraineté nationale".

Philippe Marini a expliqué que la réduction des déficits est un enjeu de "souveraineté nationale". - -

Le président UMP de la commission des finances du Sénat était l'invité de BFM Business, ce jeudi 10 avril. Il a critiqué le nouveau délai que le gouvernement s'apprête à demander à la Commission européenne pour ramener son déficit sous les 3% du PIB.

Paris va encore devoir implorer la clémence de l'exécutif bruxellois. La semaine dernière, Michel Sapin a ainsi indiqué que le gouvernement demandera un nouveau délai pour ramener le déifict sous les 3% du PIB.

Invité ce jeudi 10 avril de BFM Business, le président UMP de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, a critiqué cette initiative.

"La France va supplier ses partenaires européens, le principal d'entre eux étant l'Allemagne. Elle est un quémandeur qui n'a pas été capable de tenir ses engagements", a-t-il déclaré.

"Les coûts ne cessent de s'additionner"

"Lorsqu'il s'agit du solde des finances publiques, les annonces succèdent aux annonces, les coûts supplémentaires ne cessent de s'additionner, et chaque jour l'exercice paraît plus difficile à boucler", a-t-il poursuivi.

Avant de critiquer un peu plus l'action gouvernementale: "il y a les difficultés liées au manque de croissance. Mais il y a les difficultés supplémentaires que le gouvernement s'inflige en se privant de recettes supplémentaires ou en faisant des dépenses supplémentaires".

Et d'assèner que "c'est bien pour cette raison que nos déficits ont dérapé à ce point et que nous sommes à ce point éloignés de nos engagements".

"Une question de souveraineté"

Alors que le gouvernement invoque la nécessité de trouver un équilibre entre réductions des déficits et croissance, Philippe Marini a, lui, jugé que "les équilibres (budgétaires, ndlr) font la crédibilité, la crédibilité fait le rating, le rating fait le coût de nos emprunts. Et avec un endettement qui représente 95% du PIB, nous sommes très sensibles à cela."

"On ne peut pas jouer avec cela", a-t-il affirmé. "Comment ce pays, qui demande des faveurs aux autres, qui n'est pas capable de faire ce qu'il a dit, peut-il peser dans les négociations internationales?", s'est-il interrogé. "C'est une question d'identité nationale et de souveraineté" , a-t-il conclu.

J.M.