BFM Business

Parisot : « Le crédit d’impôts peut permettre d’arrêter la destruction d’emplois »

Laurence Parisot

Laurence Parisot - -

Invitée sur RMC et BFMTV, Laurence Parisot a défendu le crédit d’impôts de 20 milliards d’euros pour les entreprises. « Si ce crédit d’impôt a une chance de marcher, c’est parce qu’il est simple et sans condition », espère la présidente du Medef.

Laurence Parisot était invitée ce vendredi sur RMC et BFMTV. La présidente du Medef, le syndicat patronal, a défendu les fameux 20 milliards d’euros de crédit d’impôt proposés par le gouvernement dans son pacte de compétitivité, un texte débattu en ce début d'année par les députés. « Ce mécanisme peut permettre d’arrêter la destruction d’emplois. Si tout le monde le comprend, y compris les entrepreneurs », espère la patronne des patrons. Pas question, en revanche, d’imaginer des conditions d’attribution, comme le souhaitent pourtant plusieurs députés socialistes. « Bien sûr qu’il ne faut pas de critères. La France s’est empêchée de se déployer ces 30 dernières années, parce qu’elle a multiplié les cas particuliers, les contraintes, les réserves, les impossibilités. Le schéma est tellement complexe qu’il n’y a aucun effet massif et immédiat pour l’économie. Si ce crédit d’impôt a une chance de marcher, c’est parce qu’il est simple et sans condition », demande Laurence Parisot. Pourtant, certains s'inquiètent que ces crédits d'impôts puissent aller à des entreprises qui délocalisent. « Comment juger si tel ou tel projet de délocalisation est vital pour la survie de l'entreprise », s'interroge la présidente du Medef qui estime dans tous les cas que « la fiscalité qui existe aujourd’hui est dissuasive pour les entrepreneurs. Je me pose la question de savoir si, aujourd’hui, on peut encore entreprendre dans notre pays ».

Que Depardieu dise : « Je reviens »

La présidente du Medef est aussi revenue sur la polémique fiscale autour de Gérard Depardieu. « Je souhaite que Depardieu revienne », appelle Laurence Parisot qui juge que « les commentaires ont été trop loin à son égard ». « Ce n’est pas digne de ce que nous pouvons penser d’un grand artiste comme lui. Il est évident qu’il est excessif dans ses déclarations, mais il serait bien que tout cela se calme et que Depardieu dise : "Je reviens"». Laurence Parisot estime en effet que la fiscalité est trop élevée en France. Sur la taxe à 75%, elle estime que le Medef « n'a pas à se prononcer sur la fiscalité des particuliers », mais elle critique une autre décision du Conseil constititionnel, qui estime que les revenus du capital peuvent être alignés sur ceux du travail : « C’est une aberration économique. Ça n’existe nulle part. Parce que quand on met du capital dans une entreprise, vous prenez un risque. Dans un cas sur 10, vous pouvez gagner de l’argent. Dans 9 cas, vous ne gagnez quasiment rien, voire vous en perdez ».

Mathias Chaillot avec BFMTV