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Macron souhaite une baisse d'impôt pour toutes les entreprises

Emmanuel Macron ne pense pas que la croissance dépassera les 1,5% cette année

Emmanuel Macron ne pense pas que la croissance dépassera les 1,5% cette année - Bertrand Guay - AFP

Dans une interview aux Échos, le ministre de l'Économie estime que la baisse d'impôt pour les PME promise par le gouvernement doit être élargie à toutes les sociétés, à l'avenir. Il affirme également que l'euro a renforcé les divergences au sein de la zone euro.

Le gouvernement va bien acter nouvelle baisse d'impôt sur le revenu. Manuel Valls l'a confirmé ce jeudi sur BFMTV-RMC. François Hollande l'avait annoncé dès juin mais en estimant qu'elle ne pourrait se faire que si la croissance atteint 1,7%, ce qui semble désormais quasi-impossible.

Interviewé par les Échos, Emmanuel Macron en convient: "la perspective d'une croissance à 1,5% pour cette année reste d'actualité", déclare-t-il avant d'ajouter qu'il ne "pense pas que l'on pourra réviser à la hausse" cette prévision de 1,5%. "Mais des choix peuvent être faits en réallouant des efforts fiscaux ou en réalisant davantage d'économies par ailleurs", assure le ministre de l'Économie. Le financement de la mesure devrait donc se faire via des arbitrages budgétaires.

Le locataire de Bercy est aussi revenu sur la baisse d'impôt, cette fois pour les entreprises. Le gouvernement va abaisser de 33 à 28% l'impôt sur les sociétés pour les PME jusqu'à un certain montant de bénéfices. Le ministre considère que cette mesure est "un premier pas en faveur" des petites et moyennes entreprise. Il souhaite néanmoins qu'elle soit élargie: "il faudra l'inscrire dans une trajectoire pluriannuelle prévoyant d'abaisser le taux d'impôt sur les sociétés à 28% pour toutes les entreprises".

L'euro a "accru les divergences"

Interrogé ensuite sur la proposition du Nobel d'Économie 2001, Joseph Stiglitz, qui préconise de créer "deux zone euro", il partage en partie le diagnostic de l'économiste.

"Aujourd'hui, l'euro, de fait, a accru les divergences au sein de la zone euro au lieu de rapprocher les économies : les pays peu compétitifs ont aggravé leur déficit de compétitivité et leur endettement", affirme-t-il. "Et la réaction après la crise de 2008 a encore accru la divergence, car on a exigé de ces pays des ajustements brutaux sans politique de change adaptée et sans coordination européenne suffisante", ajoute le ministre.

Emmanuel Macron estime du coup que "nous avons la double peine: nous avons accru la divergence et accru le populisme".

Néanmoins, il ne soutient pas la proposition de Joseph Stiglitz."Il y a une autre voie possible, celle de la solidarité budgétaire et des réformes. L'Europe ne peut vivre qu'avec des mécanismes de solidarité et des transferts au sein de la zone euro entre les pays qui bénéficient pleinement de l'euro comme l'Allemagne et les autres".

Si cette solution ne fonctionne pas, il reconnait qu'il reste celle du Prix Nobel 2001 mais considère qu'elle n'est pas "souhaitable".

J.M.