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Louvois, un fiasco à près de 500 millions d'euros

Jean-Yves Le Drian a annoncé l'abandon du logiel Louvois, mardi 26 novembre.

Jean-Yves Le Drian a annoncé l'abandon du logiel Louvois, mardi 26 novembre. - -

Le logiciel calculant les soldes des militaires, en proie à de nombreux dysfonctionnements, va être abandonné. Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, l'a annoncé ce mardi 26 novembre. La facture risque d'être salée pour l’État.

L’abandon du logiciel Louvois, annoncé ce mardi 26 novembre par Jean-Yves Le Drian, risque de coûter cher à l’Etat. Le ministre de la Défense a, en effet, décidé d’arrêter les frais, après les dysfonctionnements en cascades de ce programme calculant le versement des soldes des militaires. Celui-ci distribue 14 milliards d’euros par an, à quelque 170.000 personnes.

"Un désastre", des propres mots du ministre, qui pourrait directement impacter les finances publiques de plusieurs centaines de millions d’euros.

Car au bout de deux ans d’existence, la facture est déjà salée. En mai dernier, la Cour des comptes pointait ainsi du doigt "l’écart de 465 millions d’euros en 2012 de la masse salariale du ministère de la Défense", en grande partie imputable à Louvois.

Défaillances à répétition

Dans les faits, les défaillances de ce calculateur de soldes ont eu pour effet de ne pas verser assez à certains militaires, pour une somme estimée à 120 millions d’euros environ en 2012.

D’autres militaires, à l’inverse, se sont vus accorder un solde supérieur trop élevé, ce qui représentait un peu plus de 130 millions d’euros en juin dernier. Au total, 10.000 personnes seraient touchées chaque mois par ces problèmes.

Des chiffres auxquels il convient d’ajouter le prix d’achat du logiciel, de l’ordre de six millions d’euros. Mais aussi des frais de fonctionnement supplémentaires: près de 500 personnes personnes, par exemple, ont été employées pour pallier à ces disfonctionnements.

Qui va payer pour Louvois?

Reste à savoir qui va payer pour ce fiasco, dont l’ardoise finale pourrait atteindre des sommets, et qui n'est pas sans rappeler le récent dossier Ecomouv. D’autant que la rupture du contrat entre l’Etat et Steria, le concepteur du logiciel, pourrait amener le premier cité à verser des indemnités à son prestataire. Selon Le Figaro, des négociations en ce sens sont en cours.

En revanche, son remplacement prendra du temps. Toujours selon le quotidien, Louvois devrait rester en place entre 18 et 24 mois supplémentaires avant d'être remplacé.

Y. D.