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Les collectivités locales dépensent trop, mais ce n’est pas (que) de leur faute

La Cour des comptes a dressé un constat sombre, mais peu sévère concernant les finances des collectivités locales.

La Cour des comptes a dressé un constat sombre, mais peu sévère concernant les finances des collectivités locales. - Thomas Samson - AFP

Selon la Cour des comptes, l’endettement des collectivités s’est encore accru, tandis que les investissements baissent. Mais la baisse des dotations de l’Etat ne leur laisse pas la marge de manœuvre nécessaire.

Coupable mais pas seule responsable. Voilà comment l’on peut résumer à grand trait le rapport annuel de la Cour des comptes sur les finances des collectivités locales, publié ce mardi.

Car d’un côté, la Cour dresse un bilan assez sombre. Les collectivités sont en effet de plus en plus endettées, pour la 3eme année consécutive, et investissent moins qu’avant.

Sur les 33 villes de plus de 100.000 habitants, une vingtaine envisage par exemple de réduire les dépenses d’investissement cette année. La Cour des comptes pointe une nouvelle fois le manque d’effort de beaucoup de collectivités pour réduire leurs dépenses de personnel et même faire respecter la durée légale du temps de travail, ce qui induit des coûts supplémentaires, qu’elles financent par des hausses d’impôts.

Les rythmes scolaires plombent les comptes

Mais les magistrats de la Cour reconnaissent que la baisse des subventions de l’Etat engagée depuis 2014 commence à faire mal. D’autant que cette baisse se fait de manière uniforme, sans prendre en compte la situation des collectivités.

Autre bémol de la Cour: l’Etat a mis à la charge des collectivités des dépenses comme celle des rythmes scolaires sans les compenser. Et surtout, près de la moitié de la hausse de la masse salariale est imputable à l’Etat via les augmentations de traitement des fonctionnaires qu’il décide.

Au bout du compte, la Cour demande avec insistance aux élus locaux de réduire leurs dépenses de fonctionnement plutôt que leurs investissements. Elle remarque cependant que certaines grandes villes ont commencé à le faire. 

P.C