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Le gouvernement renonce à privatiser la Française des jeux

La Française des jeux est détenue à 72% par l'Etat.

La Française des jeux est détenue à 72% par l'Etat. - Thomas Coex - AFP

Malgré des démarches engagées par l’Agence des participations de l’Etat, Bercy écarte désormais l’idée d’ouvrir le capital de la société.

Dans le cadre d’une politique de gestion plus active de ses participations, l’Etat avait envisagé de privatiser, au moins partiellement, la très rentable Française des jeux. Il n’en sera finalement rien. Le gouvernement a en effet renoncé à ouvrir le capital de la société, contrôlée à 72% par l'Etat, rapporte le Journal du Dimanche (JDD) daté du 7 décembre. Une information depuis confirmée au Monde par le ministère de l’Economie.

Cette privatisation "vient d'être remisée", écrit le journal, selon qui l'Etat n'a jamais véritablement envisagé cette privatisation "car trop complexe à réaliser". La nouvelle PDG, Stéphane Pallez, nommée début octobre, avait pourtant mis en avant son expérience en matière de privatisation, mais sans dévoiler les intentions de l'Etat quant à la société. Le journal souligne que le gouvernement préfère le statu quo puisqu'il prélève près de 3 milliards d'euros par an de taxes sur les jeux, et conclut en indiquant que la nouvelle présidente "devra d'abord transformer la FDJ avant d'envisager le grand saut dans le privé", sans plus de précisions.

12 milliards d'euros de chiffre d'affaires

La FDJ est détenue à 72% par l'Etat, à 20% par les "anciens émetteurs de billets de la Loterie nationale" (associations d'anciens combattants et de blessés de guerre, sociétés privées de change et de jeux, mutuelle des fonctionnaires du trésor public), ainsi que par les salariés et le groupement de courtiers Soficoma.

Détenant le monopole en France sur le loto et autres jeux à gratter, elle a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 12,35 milliards d'euros, en progression de 1,8% par rapport à l'année précédente. L’entreprise a versé 82,5 millions d’euros de dividende à l’Etat en 2013.

Interrogé à ce sujet par Le Monde, le 15 novembre dernier, Emmanuel Macron, avait déjà tempéré: "nous allons commencer par d'autres entreprises comme les aéroports régionaux ou encore des sociétés où l'Etat dispose de droits de vote doubles", avait-il déclaré. La cession partielle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac à un consortium chinois, annoncée jeudi 4 décembre, est venue confirmer ses propos.

Y.D. avec agences