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L'Etat a-t-il mal vendu les autoroutes en 2005?

Le manque à gagner pour l'Etat aurait été de 10 milliards d'euros, selon l'Edhec.

Le manque à gagner pour l'Etat aurait été de 10 milliards d'euros, selon l'Edhec. - Jean-Pierre Clatot - AFP

Une étude de l'Edhec estime que l'Etat aurait pu demander un prix bien plus élevé lorsqu'il a vendu ses participations dans les sociétés d'autoroutes, il y a neuf ans.

Les profits des concessionnaires d'autoroutes sont au cœur du débat qui agite l'exécutif. Ce mardi 14 octobre, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'est en encore pris à leurs marges.

"Il y a 20% de tarif en trop, puisque quand une autoroute fait payer 100 euros, il y a 20 euros de trop qui sont empochés", a-t-elle déclaré.

Auparavant, les profits des sociétés d'autoroutes avaient été fustigés par plusieurs membres du gouvernement. En filigrane, se pose la question de savoir si le gouvernement Villepin avait bien négocié la vente des participations de l'Etat dans les sociétés d'autoroutes, en 2005.

Or, selon une étude de l'Edhec publiée en 2006 et citée par les Echos ce mardi, le doute est permis.

Une logique qui n'était pas la bonne

Les auteurs de cette étude, Noël Amenc et Philippe Foulquier, s'étaient plus particulièrement penchés sur la vente à Vinci de la participation de l'Etat dans ASF (Autoroutes du Sud de la France).

Ils avaient calculé que "la valeur acceptable" d'une action ASF s'élevait à 64 euros par action, "soit un montant supérieur de 28% à celle proposée par Vinci, seul candidat en lice".

En outre, les auteurs considéraient que le gouvernement n'avait pas pris en compte le fait que l'Etat a une logique financière différente de celle d'un investisseur privé.

Un manque à gagner de 10 milliards d'euros

"En fondant sa recherche d’acquéreur sur une logique financière qui n’est pas la sienne, l’Etat a subi une perte d’opportunité financière de plus de 73% du prix obtenu pour les titres ASF", écrivaient Noël Amenc et Philippe Foulquier.

En élargissant le raisonnement à l'ensemble des cessions des participations de l'Etat dans les concessions autoroutières, les auteurs de l'étude aboutissent à "un manque à gagner de 10 milliards d'euros".

Noël Amenc et Philippe Foulquier estimaient toutefois qu'il n'y avait "pas eu de politique de bradage du bien public", mais ils considèrent que ce manque à gagner est le résultat "d'un manque de rigueur" dans le calcul de la valeur des parts de l'Etat.

J.M.