BFM Business

L'augmentation des impôts pousse à la fraude

Les saisies d'argent liquides se sont envolées : +500% en un an.

Les saisies d'argent liquides se sont envolées : +500% en un an. - -

Les douanes ont annoncé une augmentation en un an de 500% des saisies d’argent liquide aux frontières du pays. On assiste à des saisies qui vont jusqu’à un million. Cela est clairement lié à l’augmentation des impôts qui pousse à la fraude.

Les saisies d'argent liquides se sont envolées : +500% en un an. Alors que les transferts de fonds en liquide supérieurs à 10 000 € doivent être déclarés, on assiste à des saisies qui vont jusqu’à un million. Et un ancien diplomate proche de Nicolas Sarkozy a été pris à la gare du Nord avec 350 000 € en liquide. Et cela semble clairement lié a l'augmentation des impôts qui posse à la fraude.

Les douanes saisissent de plus en plus d'argent liquide aux frontières. En un an l

On assiste à une généralisation de la fuite face à l’impôt. Il y a les fuites de capitaux vers l’étranger, principalement la Suisse et le Luxembourg, il y a les exils fiscaux dont Gérard Depardieu nous a donné un exemple spectaculaire. Il y a aussi l’exil fiscal de ceux qui ne peuvent fuir physiquement qui s’appelle le travail au noir. La théorie économique comme le bon sens disent qu’il arrive un moment où à trop matraquer sur le plan fiscal, les citoyens finissent par considérer que la fraude est légitime ou même tout simplement que cela ne vaut pas le coup de travailler plus. Si bien que cela se retourne contre l’Etat qui en fin de compte perçoit moins. En France, il est clair qu’entre les hausses d’impôt et les mesures comme les attaques contre le statut d’autoentrepreneur, de plus en plus de gens sont tentés par le travail au noir, la fraude ou le renoncement.

Est-ce spécifique à la France ?

Non. Dans tous les pays, il existe un seuil d’imposition au-delà duquel l’économie se met au noir ou se contracte. C’est ce que les économistes appellent un effet Laffer, du nom d’un économiste américain qui avait dit au président Reagan que s’il voulait augmenter les recettes fiscales, il fallait alléger et simplifier les impôts, de façon à ce que les Américains se remettent à travailler et soient moins tentés de frauder.
Cet effet Laffer, on l’a vu à l’œuvre récemment en Grèce. Depuis 2010, le gouvernement grec s’est aperçu que les hausses d’impôts rapportaient moins que prévu et que simultanément, la quantité de billets en circulation dans l’économie grecque était en forte augmentation : la Grèce à cause des hausses d’impôts a souffert non seulement de la récession mais aussi de l’accroissement de l’économie au noir, ce qui explique le besoin en billets. Résultat, la Grèce a commencé à baisser sa Tva cet été et le bilan est plutôt positif.

Que faut-il faire ?

Il faut évidemment demander des comptes aux fraudeurs. Le gouvernement n’a pas tort de dénoncer leur égoïsme alors que beaucoup de gens à faible revenu paient leurs impôts sans faire d’histoire. Mais il faut pour désamorcer la montée en puissance des fraudes en tout genre une baisse significative des impôts. Sous le gouvernement Jospin, on avait baissé la TVA sur les travaux publics et DSK, qui était ministre des finances à l’époque, avait clairement indiqué qu’il s’inscrivait dans la logique de Laffer et qu’il était convaincu que cela allait réduire le travail au noir.
Mais ces baisses n’ont de sens que si on ne creuse pas le déficit c'est-à-dire qu’on en revient à la nécessité toujours plus pressante de réduire les dépenses publiques !

Jean-Marc Daniel