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"J'encourage les candidats sérieux à l'élection présidentielle à ne pas jouer avec les 3%"

Pierre Moscovici est clair sur la règle des 3%.

Pierre Moscovici est clair sur la règle des 3%. - John Thys - AFP

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a mis en garde les candidats à l'élection présidentielle. La Commission n'accordera pas de nouveaux délais.

Pierre Moscovici a mis en garde les candidats français à l'élection présidentielle. Dans un entretien avec l'AFP, le commissaire européen aux Affaires économiques a déclaré: "J'encourage vivement tous les candidats sérieux à l'élection présidentielle à ne pas jouer avec les 3%", visant notamment les candidats à la primaire de la droite, dont plusieurs ont estimé cet objectif irréaliste s'ils étaient élus.

Les sept prétendants passent jeudi soir leur première épreuve du feu lors d'un débat télévisé très attendu, que l'ancien Premier ministre Alain Juppé aborde en favori face à l'ex-président Nicolas Sarkozy. Parmi les candidats, l'ex-Premier ministre François Fillon, qui table sur un déficit de 4,7% en 2017, a affirmé le 5 octobre qu'il n'avait "aucun respect" pour Pierre Moscovici un ministre "qui a tout raté".

"Pas de nouveau délai", ni "de dérogation"

"L'attitude de confrontation institutionnelle, politique, personnelle, est vaine", lui a répondu le commissaire européen. "François Fillon est un Premier ministre qui se plaignait d'être à la tête d'un État en faillite et maintenant il veut reporter le déficit à 4,7%", a-t-il ajouté. "Un ancien premier ministre devrait se garder de ce genre de petites phrases (...) En m'agressant, en m'insultant, c'est la Commission qu'il insulte et c'est les règles qu'il piétine."

Pierre Moscovici a par ailleurs insisté sur le fait que la Commission n'accorderait "pas de nouveau délai", ni "de dérogation" à la France sur le respect de la règle des 3% en 2017. La France "s'y est engagée et la Commission veillera au respect de cet engagement (...) S'il advenait que ce ne soit pas respecté, nous prendrions nos responsabilités", a-t-il souligné.

La Commission européenne a déjà accordé deux délais de deux ans à la France, l'un en 2013 et l'autre en 2015, pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut, un objectif fixé par les traités. Paris a prévu de réduire son déficit public à 3,3% du PIB en 2016 et à 2,7% en 2017. "Mon sentiment, c'est qu'il n'est pas improbable que la France soit en dessous de 3% en 2017", a conclu le commissaire européen.

D. L. avec AFP