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Fiasco en vue pour le futur système de paie de l'Éducation nationale ?

La ministre de l'éducation nationale va devoir répondre aux interrogations du Sénat quant à la poursuite du projet SIRHEN, dont la continuation devrait être questionnée compte tenu de son coût.

La ministre de l'éducation nationale va devoir répondre aux interrogations du Sénat quant à la poursuite du projet SIRHEN, dont la continuation devrait être questionnée compte tenu de son coût. - Jacques Demarthon-AFP

Le surcoût du futur système informatique des ressources humaines de l’Éducation nationale, lancé en 2007, atteint 241 millions d'euros. Le Sénat veut lui couper ses crédits en 2016.

Peu réputé pour sa gestion des ressources humaines, l'État semble avoir aussi un problème avec ses grands projets informatiques dans ce domaine.

Après les échecs successifs de Louvois et de l'opérateur national de paie (ONP) le projet SIRHEN (système d’information des ressources humaines de l’Éducation nationale) qui vise à rénover les logiciels de gestion administrative et financière de tout le personnel de ce ministère, a du plomb dans l'aile.

Le Sénat tire la sonnette d'alarme dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2016. "S'agissant plus spécifiquement de SIRHEN, le coût de cet investissement a été réévalué en 2014, passant de 80 millions d’euros à 321 millions d’euros (+ 241 millions d’euros)" souligne le document.

Au stade actuel de son développement, SIRHEN ne permettrait que la gestion administrative et de paye des personnels d’inspection et des administrateurs civils, soit environ 4.000 personnes. Une goutte d'eau à l'aune du million de fonctionnaires employés par le ministère !

La gestion des enseignants n'est pas prévue à court terme

"La poursuite du projet SIRHEN en l'état, qui devait être adossé à l’opérateur national de paye (ONP), suspendu en 2014, devrait être questionnée compte tenu de son coût" souligne le rapport sénatorial.

L'ancien ministre Gérard Longuet, rapporteur spécial pour le Sénat, va plus loin. Il a déposé un amendement visant carrément à supprimer les crédits affectés à 2016 à ce projet informatique. Une option radicale que le sénateur justifie par un véritable réquisitoire.

"Compte tenu du surcoût envisagé et dans la mesure où il n’est pas prévu, à court terme, que ce logiciel permette la gestion des enseignants, qui représentent pourtant la majeure partie de effectifs relevant du ministère, la poursuite de ce projet doit être questionnée" insiste le sénateur. L’économie résultant de cette mesure de suppression des crédits s’élèverait à 44,4 millions d’euros.

Gérard Longuet estime plus généralement que "la mise en place de projets ambitieux de gestion des ressources humaines et de paie se heurte à des difficultés tenant notamment au nombre élevé d’éléments de paye des fonctionnaires”. Une allusion directe à l'échec de Louvois, le logiciel de gestion de la paie des militaires qui a connu de multiples dysfonctionnements, laissant une ardoise de plus de 500 millions d'euros.

Frédéric Bergé