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Etat actionnaire: de quelles entreprises va-t-il pouvoir se désengager?

L'Etat pourrait, légalement, se délester de 14,4% d'EDF

L'Etat pourrait, légalement, se délester de 14,4% d'EDF - -

Jean-Marc Ayrault a évoqué, dimanche 5 mai, des cessions de parts d'entreprises dans lesquelles l'Etat possède une forte participation. EDF et GDF sont les premiers noms qui viennent à l'esprit. Mais légalement et techniquement, les ventes seraient limitées.

Jean-Marc Ayrault l'a officiellement déclaré, dimanche 5 mai: après des années blanches en 2011 et 2012, l'Etat français devrait solder une partie des bijoux de familles en vendant des parts dans "un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'Etat est très important".

Le Premier ministre vient in fine corroborer les propos d'Arnaud Montebourg qui avait déjà confié, le 5 avril, au Wall Street Journal, que le gouvernement réfléchissait à d'éventuelles cessions. Puis le 15 avril, sur France 5, le ministre du Redressement productif a clairement évoqué les deux mastodontes de l'énergie : GDF Suez et EDF.

"Dans certaines entreprises, on a par exemple 36% de participation. On peut passer à 33%, ça change quoi ?", lançait-il, alors que la part de l'Etat dans GDF est très exactement de 36%. De même il faisait référence à des groupes dont l'Etat détient "85% du capital" alors que 84% du capital d'EDF est détenu par l'Etat.

Arnaud Montebourg s'était refusé à nommer explicitement ces sociétés "pour ne pas provoquer des réactions inutiles sur les marchés boursiers", mais les références étaient claires.

EDF pourrait rapporter jusqu'à 4,7 milliards

Les pistes données par Arnaud Montebourg ont du sens et rejoignent celles de Jean Marc Ayrault. En premier lieu, l'Etat a de la marge pour se délester du capital d'EDF. La loi du 9 août 2004 prévoit que la part de l'Etat ne puisse descendre sous les 70% du capital, en raison du caractère stratégique du secteur, l'énergie.

Avec 84,4% , l'Etat pourrait donc se séparer de 14,4% du capital de l'entreprise. En tenant compte de la capitalisation boursière d'EDF (32,7 milliards d'euros), l'Etat pourrait engranger environ 4,7 milliards d'euros en vendant le montant de cette participation. Bien évidemment, il est plus probable que cette vente se fasse au compte-goutte, le marché ne pouvant absorber une vente d'une traite.

Concernant GDF, l'Etat avec 36% du capital pourrait, comme le souligne Arnaud Montebourg, céder 3% et conserver ainsi une minorité de blocage au sein de l'entreprise. Cette fois l'opération représenterait environ 1,2 milliard d'euros.

Un portefeuille d'actions de 62,5 milliards d'euros

Il est néanmoins possible que le gouvernement ne s'arrête à ses participations dans le secteur énergétique. Son portefeuille d'actions cotées représentait, à la date du 2 mai dernier, 62,5 milliard d'euros, et la bonne tenue des marchés sur les cinq premiers mois de l'année, pourrait l'amener à regarder de près d'autres groupes.

Dans ADP (Aéroports de Paris), l'Etat est ainsi présent à hauteur de 54,4%, alors que 51% lui suffit pour avoir la majorité des droits de vote. Il n'est pas dit non plus qu'il stoppe son désengagement dans Thalès, dont il détient toujours 27,1%.

Enfin, l'Etat pourrait également envisager des cessions de parts dans des d'entreprises non cotées, comme, par exemple, La Française des Jeux.

On l'imagine mal, par contre, diminuer un peu plus le poids de l'actionnariat public dans France Télécom, après l'épisode Dailymotion- Yahoo. Ce même si la chute du cours de Bourse de l'opérateur a plombé les comptes du Fonds stratégique d'investissement (FSI).

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Julien Marion (texte) et Gaëtane Meslin (sujet vidéo)