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Economies budgétaires: la province mise à contribution

La carte des sous-préfectures pourrait être revue pour réduire les effectifs.

La carte des sous-préfectures pourrait être revue pour réduire les effectifs. - -

Les suppressions de postes dans la fonction publique devraient concerner prioritairement les services déconcentrés de l’Etat. Au risque d'écorner la promesse de François Hollande de lutter contre la désertification du territoire.

Chaque ministre va recevoir de Matignon, dans les prochains jours, sa lettre de cadrage budgétaire précise afin qu'il prépare son projet de budget pour la rentrée.

Mais déjà, les services de chaque ministre, de même que les hauts fonctionnaires de Bercy, ont commencé à travailler sur les économies réclamées par le chef du gouvernement pour 2013: hors secteurs prioritaires, les effectifs devront baisser de 2,5% et les dépenses de fonctionnement diminuer de 7%.

Selon les premières indiscrétions, les efforts devraient porter en priorité sur les services déconcentrés de l'Etat installés en province: directions départementales des ministères ou services préfectoraux.

Rien d'anormal puisque ces services rassemblent 68% des 2 millions de fonctionnaires de l'Etat. Seuls 5% des agents travaillent dans les administrations centrales parisiennes (ministère de la Défense excepté).

Economies ou maintien des services publics locaux?

Sauf que ces suppressions de postes risquent de mettre à mal une promesse faite par le candidat François Hollande durant la campagne: lutter contre la désertification du territoire en maintenant la présence des services publics locaux. La ministre du Logement, Cécile Duflot, s'est d'ailleurs vu confier l'Egalité des territoires...

Or, cette promesse nécessite d'y consacrer des moyens suffisants, en fonctionnaires en particulier.

Durant le quinquennat précédent, une vaste réorganisation des services déconcentrés en régions et dans les départements avait été engagée par François Fillon dans le cadre de la fameuse RGPP (Révision générale des politiques publiques). Plusieurs milliers d'emplois ont ainsi été supprimés. Rien qu'en préfectures et sous-préfectures, 2500 postes ont disparu. Le gouvernement Ayrault pourra-t-il aller beaucoup plus loin sans mécontenter les administrés et les élus locaux ?

Sous-préfectures en sursis

Autre sujet de friction à venir sur ce même registre: la suppression des sous-préfectures jugées inutiles.

Dans son rapport public de 2012, la Cour des comptes suggérait de revoir la carte des 342 sous-préfectures afin de rationaliser les moyens. Voici quelques années, une étude du ministère de l'Intérieur avançait le chiffre de 150 sous-préfectures n'ayant quasiment plus d'activité!

En visite il y a quelques jours à Chartres, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, n'a pas démenti que le sujet soit sur la table. Interrogé lors de son interview télévisée du 14 juillet, le chef de l'Etat a, en revanche, botté en touche.

On le comprend. Là aussi, en effet, le gouvernement ne pourra agir sans se heurter à la grogne des élus locaux qui ne veulent pas perdre leurs administrations. La recherche d'économies budgétaires s'annonce bien délicate.

Patrick Coquidé