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Eckert: "Il n'y aura pas de hausses d'impôts en 2015"

 "Le Président donne un cap" a déclaré Christian Eckert, ce qui n'exclut pas quelques aménagements en fonction du climat économique international.

"Le Président donne un cap" a déclaré Christian Eckert, ce qui n'exclut pas quelques aménagements en fonction du climat économique international. - Dominique Faget - AFP

Le secrétaire d'Etat au Budget est revenu sur ses propos en assurant ce 13 novembre qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts généralisée d'impôts en 2015. Quelques heures auparavant, il avait affirmé que la stabilité fiscale promise par François Hollande ne pouvait être "gravée dans le marbre".

Christian Eckert tente de tempérer ses propos. Après avoir laissé entendre que de nouvelles hausses d'impôts n'étaient pas à exclure, le secrétaire d'Etat au Budget a opéré une volte-face.

Devant plusieurs journalistes il a ainsi affirmé ce jeudi 13 novembre qu'"il n'y aura pas de hausses (d'impôts, ndlr) pour 2015".

"Il n'y aura pas de hausses d'impôts généralisées dans l'impôt sur le revenu mais aussi dans les autres impôts pour les années suivantes, ceci est très clair", a-t-il insisté.

Au contraire, Christian Eckert a affirmé que "des éléments pourront conduire à accélérer les baisses d'impôts". "Il peut y avoir des baisses d'impôts supplémentaires. Ce n'est pas exclu, c'est même un objectif", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat a au passage affirmé avoir "toujours été en conformité avec ce qu'a dit le président de la République", c'est-à-dire qu'il n'y aurait pas d'impôt supplémentaire l'an prochain.

"Tirer les bords pour atteindre un cap"

Le doute était toutefois permis. Quelques heures auparavant, Christian Eckert avait semblé prendre ses distances avec cette promesse présidentielle. "On ne peut pas graver dans le marbre une situation qui dépend d'un contexte international que nous ne maîtrisons pas", déclarait-il sur RTL. 

"Qui avait prévu il y a 6-8 mois une aussi faible inflation en Europe ? Tous les prévisionnistes qui aujourd'hui vous prévoient la croissance avec deux ans d'avance, aucun d'entre-eux n'avait anticipé une aussi faible inflation. Cela a quelques avantages en termes de maîtrise des prix, mais cela a beaucoup d'inconvénients y compris pour faire des économies", expliquait le secrétaire d'Etat. 

Il affirmait que le Président a donné un cap, qui consiste à réduire les déficits et à ne pas casser la croissance. "Mais pour atteindre un cap il faut parfois tirer quelques bords" précise-t-il. Le gouvernement pourra donc procéder à quelques aménagements de trajectoire qui pourraient se concrétiser par une hausse de la pression fiscale.

Le Foll nie toutes hausses d'impôts

Réagissant à ces propos, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait assuré sur iTélé qu'il "n'y aura(it) pas de hausse d'impôt décidée l'année prochaine, en 2015, par le gouvernement". "Pour moi, c'est gravé dans le marbre", avait-il insisté.

Laurent Baumel, député PS frondeur, sur BFMTV, avait également réagi aux propos du secrétaire d'Etat : "J'espère que Christian Eckert ne se comporte pas simplement comme porte-parole de son ministère", a-t-il déclaré. Et d'ajouter qu'"il serait dramatique de repartir en arrière de nouveau".

Les économies privilégiées

Christian Eckert a justifié ses propos par la situation économique de la France. "La parole présidentielle tient compte d'une réalité, qui est que l'on a trouvé un déficit de l'ordre de 150 milliards, qu'il est aujourd'hui de l'ordre de 75 ou 80 milliards ", ajoute-t-il.

Christian Eckert tient à rappeler les efforts déjà accomplis : "Pour obtenir rapidement des résultats il a fallu passer par un certain nombres de hausses d'impôts, c'est ce que nous avons pratiqué, mais nous avons toujours dit que nous pratiquerons plus d'économies que de hausses d'impôts. C'est ce que nous faisons dans les textes actuels en discussion au Parlement."

"Tout le monde a oublié que dans la loi de finances pour l'année prochaine, les impôts sur le revenu baissent de 3 milliards. Cela concerne plus de 9 millions de foyers fiscaux", précise le secrétaire d'Etat.

La hausse de la taxe d'habitation voulue par les communes

Concernant la hausse de 20% la taxe d'habitation sur les résidences secondaires en zones tendues, présentée hier dans le projet de loi de finances rectificative 2014, Christian Eckert a affirmé que cela ne remettait pas en cause les promesses de François Hollande "cette disposition avait déjà été annoncée bien avant l'intervention du Président de la République" précise-t-il.

Et d'ajouter que Bercy n'est pas l'initiateur de cette hausse "c'est une demande venant d'un certain nombre de territoires. Nul ne peut nier que dans un certain nombre de territoires, Paris par exemple et dans certaines zones touristiques, les populations ont du mal à se loger car les résidences secondaires occupent beaucoup de logements qui pourraient servir d'habitation." 

"Ce n'est pas une mesure pour renflouer le budget de l'Etat, mais c'est demandé par certaines communes et va alimenter le budget de celles qui le décideront", rappelle Christian Eckert.

Si toutes les communes en zones tendues décident de l'appliquer, ce sont 140 à 150 millions d'euros qui pourront être collectés.

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C.C.