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Didier Migaud: "chacun doit retrousser ses manches"

Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, appelle chacun à retrousser ses manches, sur Europe 1.

Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, appelle chacun à retrousser ses manches, sur Europe 1. - -

Au lendemain de la publication du rapport annuel de la Cour des comptes, son premier président a appelé le gouvernement à "dépasser les clivages" dans la gestion du pays.

"La France doit savoir dépasser un certain nombre de clivages. Il y a un intérêt général qui devrait pousser les uns et les autres à privilégier cet intérêt général", a lancé Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, ce 12 février.

Une déclaration prononcée au lendemain de la présentation du rapport public annuel de son institution, selon lequel le pays ne parviendra pas à atteindre l'objectif européen de réduction de déficit à 3% du PIB. Il devrait au contraire rester au-dessus de 4% en 2014.

Dans ce contexte, Didier Migaud a appelé sur Europe 1 à adopter "une comportement constructif". "Ce que je souhaite, c'est que chacun retrousse ses manches", a-t-il répondu en réaction aux propos de Pierre Gattaz sur le Pacte de responsabilité.

Le Medef sème le doute sur les contreparties

Aux Etats-Unis, où il accompagne le président en visite d'Etat, le patron du Medef a évoqué devant des journalistes les contreparties réclamées par le gouvernement. "J'entends des gens qui me disent: 'on va vous contraindre, on va vous obliger, on va vous mettre des pénalités si vous ne le faites pas, vous allez être punis'", a dit Pierre Gattaz.

Des déclarations qui ont été comprises, de ce côté de l'Atlantique, comme un refus de prendre des engagements en échange des baisses de charges promises aux entreprises.

Un peu plus tard mardi, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, François Hollande a appelé les entreprises à prendre des "engagements" à un "niveau approprié".

Des marges de manœuvre pour économiser

A propos des 50 milliards d'euros d'économies que le gouvernement s'est engagé à réaliser d'ici 2017, Didier Migaud estime que "c'est possible, il y a des marges de manœuvre pour réduire la dépense publique, ou du moins ralentir sa progression".

Mais pour y parvenir, "il faut en finir avec l'indifférence devant des résultats insuffisants au niveau des politiques publiques". Ces dernières ont, pour beaucoup "des résultats qui n'ont pas de rapport avec les crédits qui y sont consacrés et les objectifs fixés". "Il faut s'appuyer sur une politique de contrôle et de résultats", martèle-t-il.

N.G.