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Crédit d’impôt : moins de créations d'emplois qu'espéré ?

L'OFCE attend moitié moins d'emplois que prévu

L'OFCE attend moitié moins d'emplois que prévu - -

Le gouvernement espère à terme 300 000 emplois liés au nouveau Cice. Dans un rapport publié ce vendredi 1er février, l’OFCE estime que les créations d’emplois ne dépasseraient pas 145 000.

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) est la pièce maitresse du pacte de compétitivité du gouvernement Ayrault et l'un des éléments essentiels de sa stratégie de lutte contre le chômage.

Pourtant, dans un rapport de ce vendredi 1er février, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que ce Cice va créer moins d’emplois que prévu. L’institut table sur 145 000 créations au total en 2017 alors que le gouvernement en prévoyait près de 400 000. Dès cette année, l’OFCE estime que seuls 23 000 seront créés, soit 9 000 de moins qu’attendu par l'exécutif.

La raison de cette différence ? L’OFCE anticipe un impact limité du crédit d’impôt. "Les effets à attendre du Cice sur la croissance et l’emploi sont différents à court et long terme. Ouvrant des droits en 2014 calculés sur l’exercice de 2013, le Cice aurait des effets positifs dès 2013, d’autant plus que les hausses de prélèvements et la réduction des dépenses publiques ne s’appliqueraient pas avant 2014. L’effet sur la croissance est donc positif en 2013 (+0,2 %) mais les effets sur l’emploi (+23 000 en 2013) sont plus lents en raison des délais d’ajustement de l’emploi à l’activité et de la montée en charge du dispositif", explique Mathieu Plane, auteur de l’étude.

De plus, l’institut, plutôt catalogué à gauche, s’attend à un impact légèrement récessif de 2014 à 2016. "La perte de pouvoir d’achat des ménages liée aux hausses d’impôt, et la réduction des dépenses publiques l’emportant sur la baisse des prix et le rétablissement des marges des entreprises", poursuit Mathieu Plane.

Plus d'effets négatifs que positifs

Mais plus inquiétant, l’OFCE estime que le crédit d’impôt aura plus d’effets négatifs que positifs. Tout d’abord, "les effets négatifs liés au financement de la mesure entraînent temporairement une perte de pouvoir d’achat des ménages et durablement une baisse de la dépense publique, ce qui conduirait à détruire 26 000 emplois en 2018", peut-on lire dans l’étude.

Le Cice va permettre de redresser les marges des entreprises et donc leur capacité d’autofinancement. Mais cet effet ne serait pas suffisant pour peser sur l’investissement. Et "si le Cice ne crée pas du surcroît d’activité, il n’y a aucune raison que cette mesure relance l’investissement", explique Mathieu Plane.

Diane Lacaze