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Comment augmenter les fonctionnaires sans vraiment les augmenter? 

1% de hausse du point d'indice coûte 1,5 milliard aux finances publqiues

1% de hausse du point d'indice coûte 1,5 milliard aux finances publqiues - Frédéric Florin-AFP

Ce mardi 16 juin, Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, reçoit les syndicats de fonctionnaires pour évoquer des revalorisations de carrière. Mais pas question d'augmentations immédiates...

Cinq millions de fonctionnaires de l'Etat, des hôpitaux et des collectivités locales attendent des hausses de salaires. Depuis 2010, le point d'indice qui sert à calculer leur traitement a été gelé par la droite comme par la gauche, crise des finances publiques oblige. 

Pourtant, il y a peu de chance que la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, qui reçoit leurs syndicats ce mardi, leur donne satisfaction en lâchant du lest immédiatement. 

Rigueur budgétaire

En avril, Manuel Valls a en effet demandé à tous ses ministres de diminuer de 1% leurs dépenses de masse salariale dans le budget 2016. Et de son côté, Marisol Touraine, sa ministre des Affaires sociales, a réclamé voici quelques semaines aux hôpitaux 800 millions d’économies sur leur masse salariale d'ici 2017 sans baisse d'effectifs...

Or, la simple hausse de 1% du point d’indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, coûterait un milliard et demi en année pleine aux finances publiques. Ce qui parait impensable à accorder en plein plan d'économies budgétaires.

2017 en ligne de mire

Mais à l’approche des élections de 2017, l’exécutif ne peut pas envoyer que des signaux négatifs aux fonctionnaires qui constituent l’un des noyaux électoraux de la gauche.

Le gouvernement semble donc avoir trouvé la solution en proposant, non pas des augmentations immédiates pour tous les agents publics, mais des revalorisations de carrière qui ont l’avantage d’être étalées dans le temps.

"On fera le premier pas pour tout le monde en 2017", a annoncé Marylise Lebranchu ce mardi sur BFMTV-RMC, assurant "se donner jusqu'en 2020" pour étaler cette revalorisation, à raison de "30 à 40 euros par mois" chaque année, en fonction de l'ancienneté.

Bombe à retardement

Sauf qu’il s’agit d’une petite bombe à retardement. Revaloriser les fins de carrières, comme le prévoit le gouvernement, c’est de facto augmenter les retraites des fonctionnaires qui sont calculées sur les six derniers mois d’activité, contrairement aux salariés dont les pensions dépendent de leurs 25 meilleures années de travail.

En d'autres termes, ce serait alourdir les dépenses budgétaires pour l’après 2017…Or, les seules pensions des fonctionnaires de l'Etat coûtent déjà plus de 50 milliards d'euros par an. 

P.C